CHAPITRE PREMIER
tuer, une pension alimentaire à fournir, etc. ; mais, sous ce rapport, une transaction intervint bientôt (21 juillet) et stipula qu'une somme de 60,000 livres, montant de la dot, remboursable immédiatement, ne serait remise qu'à la mort du mari à madame de .Montespan ou à leurs deux enfants. Quant à la pension alimentaire de 4,000 livres à laquelle l'arrêt lui donnait droit, elle l'abandonnait à son mari pour l'éducation de leurs enfants, « n'ayant jamais eu Tintention, ètait-il dit dans Tacte, de causer par la séparation qu'elle avoit poursuivie, la ruine de la maison dudit seigneur son époux, ni de faire aucun préjudice à ses enfans, désirant au contraire contribuer autant que possible à maintenir l'éclat de sa maison et l'éducation de ses dits enfans, selon leur qualité*. »
Que se passa-t-il ensuite? Quelle difficulté s'élevat-il encore? On ne sait ; mais, quatre ans après, le 17 mai 1678, Louis XIV écrivit à Colbert, qu'il avait oublié de lui dire en partant que Montespan était à Paris, et qu'il fallait le faire observer, que c^ était un fou capable des plus grandes extravagances ^ qu'il importait de savoir ce qu'il faisait, quelles gens il hantait, quels discours il tenait. « Soyez le plus instruit que vous pourrez de ce qu'il fait, disait le roi en terminant, et quand il y aura quelque chose qui vous paroîtra considérable, vous me le ferez savoir*. » Ainsi mis en demeure, Col-
* Voir la transaction, à l'Appendice, pièce n» V.
» Cabinet de M. le duc de Luynes. Lettre autographe.
bert, qui n'avait pas osé, tant la matière lui paraissait épineuse, prendre les devants, raconla ce qui s'était passé récemment, et provoqua des ordres formels.
« Je reçus hier, Sire, le billet de Votre Majesté du 17, et j'exécuterai ponctuellement ce qu'il plaît à Votre Majesté de m'ordonner sur le sujet de M. de Montespan. Sur quoi je crois qu'il est bon qu'elle soit informée qu'il y a trois ou quatre ans qu'elle m'ordonna de tenir la main pour qu'un procès qu'il avoit au parlement fût jugé, pour lui ôler celle raison ou ce prétexte de demeurer à Paris. J'exécutai l'ordre de Votre Majesté, son procès fut jugé, et il se retira, comme je croîs.
« Il y a environ quinze jours que M. de Monlespan m'aborda et me pria de recommander une seconde fois a M. de Novion* un procès qu'il avoit, dont il attendoit le jugement pour se retirer dans sa province; ce que je n'ai point fait, parce que je ne crus pas devoir me mêler de ses affaires sans ordre. Si Votre Majesté cstimoit nécessaire de faire celte diligence auprès dudit sieur de Novion, peut-être qu'il se relireroit ensuite. Cependant j'attendrai l'ordre de Votre Majesté. »
* Alors premier président du parlement de Paris. Voir dans notre volume : Portraits historiques, sa biograpliie, à laquelle il y aurait d'ailleurs beaucoup à ajouter. La correspondance adressée à Golbert (Bibl. imp. Mss. Mélanges Colberl ; yo\. 101 à 178) renferme un grand nombre de lettres de Novion. Il v en a aussi vraisemblablement dans collo du chancelier Séguier. C'est une figtire singulière et pittoresque, un li:)mnie d'aclion, médiocrement moral. On sait qu'il présida les Grands jours de Clcrmont. Tout en jouant, Fb'chicr ne le ménage pas.