MADAME DE MONTESPAN A LE PELETIER
Ce 27 septembre 1697.
Je ne suis point surprise, Monsieur, de l'action* que vous enez de faire ; votre vertu et votre piété ont dû préparer )ut. Je Tadmire seulement beaucoup et y prends la part que DUS devez attendre dune personne engagée à vous aimer wir le passé, le présent et lavenir. Vous comprenez bien par à toutes les personnes que j'envisage dans tous les temps, i commencer par mon père, continuant par moi, et enfin Mir M. le comte de Toulouse, qui perdra bien, si vous le comprenez dans l'abandon général. J'espère que vous vouliez bien que j'aie l'honneur de vous voir quand je serai à ^elil-Bourg', et que j'apprenne de vous le véritable détachenenf où Ton doit tâcher de finir sa vie. Votre exemple doit oucher tout le monde^ car vous quittez des possessions légitaes et que l'on vous voyoit avec approbation. Je suis si barmée de cette action que je ne flnirois pas d'en parler si ' ne devois croire qu'une personne qui méprise, comme i^tis faites, les biens les plus solides de ce monde, soit bien
* Correspondance générale de madame de Maintenon, t. IV, p. 181.
* t M. Pelleiier, le ministre, dit Dangeau (18 septembre 1697), obtint i roi la permission de se retirer, et quitta tous ses emplois, et vou • t ne se réserver aucune pension ; mais Sa Majesté Ta forcé de endre une pension de 20,000 francs. Le roi avoit beaucoup de contée en lui et Taimoit... C'est la seule dévotion qui lui a fait prendre
parti-là. » — Saint-Simon ajoute que t c'étoit un homme de sens, W8 d'esprit médiocre timide et peu travaiUeur, d'une grande justice, m grand désintéressement. » (Note de iMvaUée.) — (Voir ci-dessus, tre 41, p. 29, note 3.)
' Le Peletier (on disait alors Pelletier) possédait la terre de Villciive-Saiut-Georges, à peu de distance de celle de Petit- Bourg. On a
que madame de Montespan Tacheta un peu plus tard, et qu'elle lu lait sans doute en attendant.
52i LETTRES I)£ MADAME DE MOXTESPAS
fatiguée des hommao^es. Je vous assure donc le plus 8im| ment que je puis, mais avec toute la sincérité possible» i je suis votre très-humbie et très-obéissante servante.