W.- JLVDAME DE MOI^TESPAN A LA DUCHESSE DE NOAILLES
A Bellegarée, ce 8 novembre 1698.
ie vous envoie une lettre pour madame de Maintenon,
Madame ; je la crois ridicule, car l'endroit du style, que vous
^▼ez touché, m'a rappelé des idées libres que j'ai peut-être
^'op fait paroître ; si c'est une faute, je vous charge de la
'ï^ccornmoder. Vous vous tirez si honnêtement de tout ceci
î**'!! n'y a rien qu'on ne voulût vous mettre entre les mains.
**n vérité, je suis charmée de vous ; je ne sais plus comment
^Oiis le dire, car j'ai peur qu'à la fin vous ne soyez fatiguée
^^ me voir répéter toujours les mêmes choses.
M. du Maine m'avoit écrit sèchement sur la pension^; il me
* D'après Lavallée, cette faveur fut accordée. « M. du Maine, dit-il, écrivit à ce sujet à madame de Montespan, et lui marqua que le roi Voulait expressément que tout le monde sût qu'il ne l'avait accordée qu'aux instantes prières de madame de Maintenon. » \Corresp. génér.^ t. lY, p. 264.)
• Chez sa nièce de Vivonne, supérieure de l'abbaye do Beaumontles-Tours.
* Bibl. du Louvre. Ms. 325-3. Correspondance de fsoaUies fol. 27. Lettre dictée et signée.
• Voir la lettre précédente.
marquoil si expressément que 1c roi vouloil quetont lemonde sût qu'il ne l'avoit accordée qu'à leurs instantes prières, qae je n aurois jamais osé montrer que j'y prenois pari, si vousne m'a^iez encouragée à le faire. Il est bien heureux d'êlre instruite par un aussi bon canal que le vôtre ; je tâche d'en profiler, et je vous assure que je n'en abuserai pas. Vous savi'z mes scntimens ; je vous les montrois encore bien naïvement quand madame de Nemours' nous vint interrompre. Vous pouvez même [être! assurée que j'ai de la peine que ce soit sur un bien solide que j'ai reçu de Thonnèteté, et que la plus simple et la plus dégagée do tout avantage seroit toujours celle qui me feroit le plus de plaisir. Je ne suis pas si désintéressée sur vous; je veux absolument une de mesdemoiselles vos filles, et même deux, pour payer le retardement *.