MADAME DE MONTESPAN A LA DUCHESSE DE NO AILLES
A Fonte\Tau!t, ce 23 juin 1(99.
Si vous n'avez pu résister à la recoiinoissance de la fleti •' d'orange, jugez combien je me dois trouver pressée devoi» ^ montrer ma sensibilité sur l'amitié que vous nous témoi' gnez. Vous êtes, en vérité, une très-jolie femme', et ce qi-^' est de très- rare est d'augmenter de mérite par les endroi^^ qui ont accoutumé de le détruire. Je suis ravie que vol»^ n'ayez pas été en occasion de parler de ma dernière lettre ; elle n étoit que pour vous, et purement pour le plaisir déraisonner à cœur ouvert avec une personne en qui on a toute sorte de confiance ; car, pour du reste, que serviroit-il devoir clair sur des choses où il n'y a plus rien à faire, et de connoitre les avantages que l'on pourroit tirer de talens qui ne sont plus à louer? Je crois (pie vous entendrez bien tout ce que <ela veut dire, au moins, si je ne me trompe, sur ce que je «îiois vous avoir écrit.
Mais, pour ne me pas perdre davantage dans le galimatias, je reviens aux affaires que l'on peut traiter clairement; celle du mariage me paroit bonne, et si les filles que j'ai à marier étoient aussi jeunes que les vôtres, je vous y répondrois ci'/ core plus positivement; mais, puisque vous avez eu la bonté
* Ribl. du Louvre. Ms. 525-5. Correspondance de yoaiiles, fol. 2-^ Lctlro dictée et signée.
'^ Le mot joH s'cn!endail nlors pour ainiolile, cliarmanl. 11 y a luiaiilie exemple do ccllo accepiion dans la lettre du '22 novembre lOlK^ a la (in.
DE SA FAMILLE ET l)t 8ES AMIS. Ô27
i^ penser à nous, tâchez de vous faire bien inslruiro du
^^it, et puis nous l'exposerons à la personne*. Croyez seulo-
^^ni que je suis touchée au dernier point de votre atten-
'^oa et de votre amitié; j'en ferai part à notre abbesse dÔ5>
î^'elle pourra entendre parier ; elle est dans son lit avec um»
^'graine épouvantable. Les affaires de son élection sont eii-
'^Oiées depuis quelques jours et dureront encore un mois ;
^^^1 pour elle un temps de fatigue si terrible qu'elle en est
^^^si toujours malade; elle Téloit déjà considérablement
P^^ ce rhumatisme qui l'avoit menée à Bourbon et qui ly
'^^^voie encore cet automne. Cela me ramène plus tùl que jo
'^ ^vois cru.
^ous conviendrons dans ce temps-là du voyage de madc-
^^f)iselle votre fille*; vous pourriez l'envoyer dès cette au-
^^mne avec ma sœur, qui est tout à fait résolue à ne point
^ller à Paris, malgré l'occasion et la quantité de petites af-
^^ires qui l'y convient. Si vous blâmez celte conduifc, M. l'ar-
^lievêque • lui servira de second. Je vous prie de lui faire mes
^^mplimens; vous savez comme j'ai dévotion à lui; ne lui
élites pas de manière qui blesse sa modestie, mais faites-lui
assez entendre pour me mettre bien avec lui. Il me semble
que je mérite d'être aimée de toute votre famille; cependant
vous faites si bien que vous pourriez payer pour tous. ><;
laissez pas de faire mes complinu'ns à M. le maréchal.
> De quel mariage ^'agit-îl encxire? Oh hn yerd au niilku tU-. <>;>. soas-eDteodos et de ce§ rétîceneef .
* Od a vu que la maréchale de 9oafl^ avait eu vingt-4ioîif tui'4u^>. Huit oodîs étaient m^wit îeur«e%. f^anoi Ufk êïU-n, une aefiUf, Nari' - Uranie, néeVs 17 fjtUArt iVH. emicaMi» la ^h rdî;fM;iM>e. tll/; ^i^ra* ' 1716, aifi FîU» de la VikiUtiKn de ^*iuUf^fhrui', 4» UtnUi«*n^ ^-yi' - Germain,
* De ^iwûlAet.
5i8 LETTRES DE MADAME DE MONTESPÂN