LE JEU ET LES MŒURS AU XVII* SIÈCLE. 59J
tous les suicides que nous avons en si grande quantité depuis quelque temps sont causés par Tathéisme... »
Je m'abstiens, on le voit, de reproduire les récriminations beaucoup trop claires de la princesse Palatine contre Monsieur, le chevalier de Lorraine, d*Effiat, Châtillon, qui lui rappellent Henri III cl ses mignons * .
Vlustai'd, en pleine régence (16 avril 1722), la princesse dira
encore, avec beaucoup de raison, et non sans un certain agré-
Vient : f Les jeunes gens, à Tépoque où nous sommes, n'ont que
deux objets en vue, la débaudie et Tintérêt. La préoccupation qu'ils
^t toujours de se procurer de l'argent, n'importe par quel moyen,
'es rends positifs et désagréables. Tour être aimable, il faut avoir
Tespi-it débarrassé de soucis, et il faut avoir la volonté de se livrer
^ l'amusement dans d'honnêtes compagnies; mais ce sont des
cbos^s dont on est bien éloigné aujourd'hui*. »
^^ pastiche suivant de madame de Maintenon n'est, j'en conviens, qQ'v&ii badinage; il a pourtant sa valeur historique, et on ne le lira pas s^ois intérêt. Il figure dans sa correspondance, à la date de 1 7 1 4 '\
Père et mère mépriseras et les verras très-rarement ; De ton mari te railleras aveo tous indifféremment; La nuit et le jour passeras à jouer ton bien follement; Amis et parens livreras pour montrer ton discernement; Aucun devoir ne rempliras qu'en cas de divertissement ; Tes affaires ruineras sans y réfléchir un moment ; Les dimanches la messe oufras pour montrer ton ajustement; Quand à la table tu seras tu t'y tiendras très-longuement ; Le jour et la nuit tu boiras de tous vins généralement ; Jamais à Dieu ne penseras et ne le craindras nullement; Réflexions tu ne feras de peur de penser tristement.
Hcartons donc complètement Saint-Simon, qui, à ce qu'il parait, ^^it cesser d'être une autorité. Mais les Lettres de madame de Sévisse, de madame de Maintenon, de la princesse Palatine, les Maonmes ^^ la Rochefoucauld, le Tartufe, le Misanthrope, les Sermons de ^Urdaloue, les Caractères de La Bruyère, croit-on qu'ils ne conte- ^îent absolument que des peintiures de fantaisie?
* lettres nouvelles et inédites de la princesse Palatine, publiées par M. A. *^oIland. Hetzel. 1 vol. in-12, p. 155, 140, 143, 155, 158* Correspondance complète, t. II, p. 365.
lettres historiques et édifiantes, t. n, p. 4354
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Pièce B^IX.