CHAPITRE DEUXIÈME. Si
de Nevers, Amboise, Tours ou Bourges, qu'il préférerait, que c'était la permission de faire sa cour au roi. On le dédommagea, l'année suivante, d'une autre manière, en l'inscrivant pour 285,000 livres sur l'état des dépenses secrètes, et en rétablissant sa pension de 6,000 livres, dont l'arriéré, pendant ses onze ans de priswi à Piguerol, lui fut intégralement payé ^ Quoi (ju'ilen soit, et c'était l'essentiel, Lauzun avait renoncé, an profit du duc du Maine, aux biens immenses que mademoiselle de Montpensier lui avait donnés en vue de leur mariage. Il y a, dans l'histoire du despotisme et dubon plaisir, des milliers de faits plus lamentables; on
' Voici les chiffres officiels d'après VÉtat de comptant des restes
de m :
Au sieur de Lauzun, pour et au lieu de sa pension dcl682 6,000 livrer
Au sieur de Lauzun, pour sa pension, pendant onze années, du 1" janvier 1671 au 31 décembre 1681. . . 66,000
Au sieur de Lauzun, pour la solde des officiers des gardes du corps pendant l'année 1672 12,950
Au sieur de Lauzun, pour somme restant due de la êralificàtion de 500,000 livres à lui accordée pour fannée 1671 200,000
Total 284,950 livres.
VÉtat de comptant des six premiers mois de 1680, contenait les allocations suivantes :
Au sieur de Saint-Mars, capitaine de la compagnie d'infanterie, qui sert à la garde du sieur de Lauzun. . 30,000 livres.
Au sieur de Saint- Mars, pour fournitures faites aux sieurs de Lauzun et Fouquet 9,232
(Bibl. imp. Mss. Nouvelles acquisitions.)
n'en trouverait guère de plus odieux. Ajoutons, pour en finir avec Lauzun, qu'il eut un retour de faveur, et qu'au mois de mai 1692, Louis XIY le créa duc à la considération de la reine d'Angleterre, et en même (emps, porte le brevet, « pour satisfaire son inclination de rélever aux dignités convenables à sa naissance et à ses services*. » Madame de Montespan n'avait-elle pas raison de dire à mademoiselle de Montpensier se désolant, en 1681, de ce que la faveurne revenait pas assez vite à cet indigne époux : « A la cour, il faut toujours prendre; tout vient l'un après l'autre*. )» Sage maxime, et de tous les temps I
^ Pinart, Chronologie militaire; Déclaration royale. -— On sait que le vieux lion épousa en 1695, à Tâge de 62 ans, mademoiselle de Lcûrgcs, âgée de 16 ans.
* Mémoires de mademoiselle de Montpensier, t. IV, p. 456.