‹ Madame de Montespan et Louis XIV: étude historiqueChapitre 3 sur 204 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

plus OU moins fugitifs de la jeunesse et de l'âge intorniédiaire; trois grands attachements remplirent sa vie. Quoi de plus discret et de plus timide que les premiers temps de s( s amours avec mademoiselle de La Vallière? Quel secret de part et d'autre ! Comme ils sont heureux de s'aimer pour eux seuls ! Mais lorsque, après sept ans de ce bonheur, le cœur du roi se déprend, quelles angoisses réciproques, quel long déchirement, et quelle fin ! Fin vraiment cruelle, moins encore par l'abandon que par l'oubli complet, absolu, où tomba la tendre victime*! Quant à madame de Montespan, on prétend que, saisie d'abord d'honnêtes scrupules, elle aurait hésité, tenté de fuir, et résisté héroïquement aux attaques du jeune roi ; le contraire fût-il vrai, que d'autres molifs n'eut-il pas de s'attacher à elle, et le moyen de ne pas subir le charme de tant de séductions, de tant d'esprit! Aussi ce charme dura-t-il prés de quinze ans, et, sans les inégalités, les emportements, les violences de l'altière maîtresse, il n'aurait probablement jamais fini. Qui sait mémo si, la mort de la reine survenant, Louis XIV, âgé de quarante-cinq ans, n aurait pas fait casser le mariage de madame de Montespan déjà séparée de corps, malgré Topposition du mari, et ne l'aurait pas épousée pour mettre sa con#cience en repos, comme il épousa, à cause de sa raison et de sa sagesse , quand les grandes passions furent apaisées, madame de Mainlenon pfus âgée que lui de trois ans? On peut aujourd'hui, grâce à l'édition des œuvres diverses et notamment de la Correspondance générale de madame de

* Voir VEtude historique sur mademoiselle de La Vallière, en U''t(» de notre édition de ses Réflexions sur la miséricorde de Dieu et de ses ÏMtres. Paris, Tcchener, 1800, 2 vol, in-12.

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