‹ Madame de Montespan et Louis XIV: étude historiqueChapitre 30 sur 204 · CHAPITRE TROISIÈME. iO · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME. iO

lui écrivit Louis XIV, je ne réponds rien encore làdessus, car je veux savoir la pensée de madame de Honlespan^ » Puis, le 12 juin : «J'ai ordonné à votre fils de vous envoyer le plan de la maison de Clagny, et de vous dire qu après l'avoir vu avec madame de Montespan, nous l'approuvons tous deux, et qu'il falloit commencer à y travailler; je crois qu'on aura déjà commencé. J'approuve votre pensée sur ce que vous proposez de faire cette année par votre lettre du 5 ; vous la suivrez donc tout à fait et y ferez travailler sans perdre un moment de temps. Madame de Montespan a grande envie que le jardin soit en état d'être planté cet automne; faites tout ce qui sera nécessaire pour qu'elle Bit cette satisfaction et me mandez les mesures que vous aurez prises pour cela*. »

Dès que la pensée de madame de Montespan avait été connue, Mansart s'était en effet mis à Tœuvre. Nous ad mirons la rapidité des constructions nouvelles ; Versailles, Clagny, Marly, montrent que les architectes du dixseptième siècle improvisaient aussi vite et mieux, on peut l'affirmer, que ceux d'aujourd'hui. Le château de ^agny a par malheur succombé ainsi que tant d'autres devant la ligne droite, et l'œuvre de Mansart n'existe plus que dans les livres'. Situé comme celui de Ver-

* Uttres de Colbert, t. Il, !'• partie, Annexes, p. CCXLllI. » ' Uttrei de Colbert, t. V, section : Sciences^ Lettres, Beaux- Art s,

Bâtiments f lettre n*121.

' Us plans, profils et élévations du château de Clagny, par Michel

Hardouin Mansart, 1080. — Au commencement du règne de Louis XVI,

50 MADAME DE MONTKSPAN.

sailles, il avail deux ailes en retour, une vaste cour en demi-lune, cinq perrons, une grande galerie représentant l'histoire d'Enée en plusieurs tableaux entremêlés de groupes. L* escalier d'honneur, d'une construction ingénieuse et hardie, menait à un spacieux \estibule, et de là au grand salon contigu à deux appartements ouvrant sur une chapelle par des tribunes. Une magnifique orangerie, pavée de marbre, complétait les dépendances ^ Du milieu de son armée où il était depuis le mois de mai 1675, Louis XIV suivait leç travaux de Clagny avec un intérêt particulier et multipliait les ordres à Colbert.

« Au camp sur la hauteur^ devant Huy^ lelh mai \ 675. — c< ...Je suis très-aise que vous ayez acheté des orangers pour Clagny. Continuez à en avoir des plus beaux, si madame de Montespau le désire.

« Camp dé Gembloux (près Mons) , 28 7nai. — Madame de Monlespan .m*a mandé que vous avez donné ordre qu'on achète des orangers et que vous lui demandez toujours ce qu'elle désire. Continuez à faire ce que je vous ai déjà ordonné là-dessus, comme vous avez fait jusqu'à celte heure... »

le comte d'Angivilliers, directeur des bâtiments du roi, fit construire sur le terrain qu'occupait autrefois le château de Clagny, un nouveau quartier, composé de dix-huit rues bien alignées, bien tristes, et traversé par les deux boulevarts du Roi et de la Reine. [Les rues de Versailles, par M. Le Roi, 2" édit. p. 4.)

* Arch. curieuses de r histoire de France^ par Cimber et Danjou; Vie de J, B. Colbert, 2« série^ t. IX, p» 28.

Page 1