‹ Madame de Montespan et Louis XIV: étude historiqueChapitre 40 sur 204 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Singulier mot de madame de Maintenon sur Louis XIV en 1660. — Un mystère impénétrable couvre sa vie avant son entrée à la cour. — Son mariage avec Scarron, base de sa fortune. — Elle rencontre madame de Montespan chez le maréchal d'Albret. — Consent, sur la demande du roi, à se charger de ses enfants. — D'abord rebutée, elle finit par gagner la faveur de Louis XIV, qui va souvent la voir. — Elle achète Naiiilenon. — Une jolie vieillesse. — Commencement de rivalité avec madame de Montespan. — Leur antipathie mutuelle. — Madame de Maintenon travaille à la conversion du roi pour le détacher de madame de Montespan. — Correspond avec lui au sujet du duc du Maine. — La reine et madame de Montespan vont voir mademoiselle tic La Vallièreaux Carmélites. — Madame de Montespan s'y prépare un copieux goûter. — Voyage à Bourbon. — Redoublement de faveur. — Madame de Maintenon ne se décourage pas. — Madame de Soubife.

— Madame de Montespan semble décliner. — Madame de Ludres triomphe pendant quelques mois.— Madame de Montespan la traite de haillon. — Elle paraît plus affermie que jamais. — Habileté de madame de Maintenon pour se maintenir à la cour. — Madame de Montespan obligée de suivre le roi aux armées. — Voyage de 4078 eu Lorraine. — Chemins embourbés. — Indisposition et fièvre deniadame de Montespan. — Prise de Gand. — La reine et les dames de la cour à Lille. — Madame de Montespan et la comtesse de Soissons vont pas-

• scr deux joui^ avec le roi à Oudenarde. — Un maître d'hôtel terrible.

— Une nuit en Lorraine en 1680, racontée par Fléchier.

Le premier mot que Ton ait de madame de Maintenon sur Louis XIV est au moins étrange^ et les partisans de la prédestination y trouveront matière à

76 HlbAME b£ M0MESPA5.

réfléchir. Le 26 août 1660, ce prince et Marie-Thérés faisaient leur entrée dans Paris. En rendant compte U lendemain à madame de Yiilarceaux de cette fête^ madame Scarron, alors âgée de vingt-deux ans, et dont le triste mari vivait encore, écrit : « Je ne crois pas qu^il se puisse rien voir de si beau, et la reine dut se coucher hier au soir assez contente du mari quelles choisie iVingt-quatre ans plus tard, Tabime qu'une pensée aventureuse venait peut-êtie de franchir, disparaissait ; mais que d'événements dans rintervalle, et quelle habilelé pour opérer ce prodige ! On sait que Yiilarceaux, à la femme de qui elle faisait cette confidence, fut un des amoureux de madame Scarron, et le grand écho du siècle, Saint-Simon, le compte au nombre des amants heureux. On connaît en outre la fameuse lettre de Ninon de Lenclos : n Scarron étoil mon ami ; sa femme m'a donné mille plaisirs par sa conversation, et, dans le temps, je l'ai trouvée trop gauche pour Tamour. Quani aux détails, je ne sais rien, je n*ai rien vu, mais je lu ai prêté souvent ma chambre jaune à elle et à Villar ccaux*. » L'accusation doit-elle être admise sans exa men? 11 s'en faut, et le témoignage de la célèbre cour tisane est au moins suspect, car elle a dit ellc-mènie. dans une autre circonstance : « Madame de Maintenor

Correspondance générale, t I, p. 71. Lettre tirée des manuscrilj des Dames de Saint^-Cyr.

Causeries d'un curieux, par M. Feuillet de Conciles, t. II, p. 588. Lettre autograplie.

Page 1