‹ Madame de Montespan et Louis XIV: étude historiqueChapitre 44 sur 204 · CHAPITRE CINQUIÈME. W · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME. W

Ire madame de Montespan, de qui elle avait peut-être sujet de se plaindre. Dans tous les cas, elle lui devait la faveur dont elle usait en ce moment pour lui faire perdre le cœur du roi. Un pareil rôle était-il convenable, et n'eûl-il pas été plus digne, ayant reçu le bienfait, de s'en rapporter, pour les intérêts du ciel, au îèledu Père de La Chaise, deBourdaloue et de Bossuct ^ ? Quel ne dut pas être son désappointement en apprenant le retour du roi et les suites? L'orgueil que causa le triomphe dans le camp opposé peut en donner une idée.ll fallut pourtant s'y résigner. Bientôt les avis venus de Versailles sur les froideurs et les brouilleries nouvelles durent être un soulagement . En attenda nt des jours meilleurs et une victoire définitive, madame de Maintenon écrivait fréquemment au roi pour lui parler du duc <îuMaine,à qui le zèle des gouverneurs, des intendants,

* I-e n'cit suivant de mademoiselle d'Aumale est significatif ; il nous "lonlre madame de Maintenon à l'œuvre et s'ditiiidmnt consciencieusement a brouiller le roi et madame de Montespan.

« Voici ce que madame de Maintenon nous a raconté plusieurs fois, Parlant de sa faveur. — « Quand je me vis, dit-elle, assez bien avec le ^oi pour lui parler librement, un jour qu'on tenoit appartement, j'avois l'ionneurde me promener avec lui pendant que chacun jouoit ou faisoit 3ulre chose. Je m'arrêtai quand je fus à portée de n'être pas entendue, c* je lui dis : « Sire, vous aimez fort vos mousquetaires; c'est ce qui vous occupe et vous amuse fort aujourd'hui. Que feriez-vous si on venoit dire à Votre Majesté qu'un de ces mousquetaires que vous aimez fort a pris la femme d'un homme vivant et qu'il vit actuellement avec ellef Je s;iis sûre que dès ce soir il sortiroit de l'hôtel des Mousquetaires et n'y coucheroit pas, quelque tard qu'il fût. » Le roi ne le trouva pas mauvais, il rit un peu, dit qu'elle avoit raison, mais il n'en fut pas autre chose <iansce temps-là. » [Mémoires ^ loc. cit. fol. 145.)

des capifouls et des jurats, offrait dans toutes les ville des ovations dont on'abuse aujourd'hui pour justifier 1 légitimation des enfants naturels. Lorsque, au mois d novembre <675, madame deMaintenon revint deBaré ges, un nouvel étonnement lui était réservé, car e\le trouva le terrain peu solide, et en quelque sorte miné. « Elle n'est plus si fort ladmiralion de tout le monde, et le proverbe a fait son effet en elle, » écrivit madame deSévigné. Quanta madame de Montespan, passant de la confiance à la crainte, de Tespérance au découragement, elle s'agitait et s'étourdissait. Au mois d'avril, la reine alla deux fois aux Carmélites et Ty mena. Entrons avec elles, à la suite de madame de Sévigné, si bien au courant de tout. « Quanta se mit à la .tête de faire une loterie, elle se fit apporter tout ce qui peut convenir à des religieuses; cela fit un grand jeu dans la communauté. Elle causa fort avec sœur Louise de la Miséricorde; elle lui demanda si tout de bon elle étoil aussi aise qu'on le disoit : « Non, répondit-elle, je ne suis point aise, mais je suis contente. » Quanto lui parla fort du frcre de Monsieur, et si elle vouloil lui demander quelque chose, et ce qu'elle diroit pour elle. L'autre, d'un ton et d'un air tout aimable, et peut-être piquée du style : « Tout ce que vous voudrez, Madame, loul ce que vous voudrez. » Mettez dans cela la gr.ke, tout l'esprit et toute la modestie que vous pouvez imaginer. Quanto voulut ensuite manger; elle donna une pièce de quatre pislolcs pour acheter ce qu'il falloit

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