CHAPITRE CINQUIÈME
quelle duchesse de Yalentinois! quel ragoût, même par les distractions et par labsence ! quelle reprise de possession I Je fus une heure dans cette chambre; elle étoit an lit parée, coiffée, elle se reposoit en attendant lem^dianoche... » — Puis, à diverses dates : a Quanto et son ami sont plus longtemps et plus vivement ensemble qu'ils n'ont jamais été. L'empressemenl des premières années s'y retrouve, et toutes les contraintes sont bannies, afin de mettre une bride sur le cou, qui persuade que jamais on n'a vu d'empire plus établi ... » — « Madame de Montespan étoit, l'autre jour, couverte dediamans; on ne pouvoit pas soutenir Téclat d'une sibrillante divinité. L'attachement paroîlplus fort qu'il D*a jamais été; ils en sont aux regards; il ne s'est jamais vud'amour reprendre terre comme celui-là *. »
C'était une des lueurs dernières de ce grand feu qui brûlait depuis dix ans, et qui, au moment de s'éteindre, -semblait vouloir tout consumer. Le premier voyage do madame de Maiiitenon àBaréges avait trompé ses espérances. Un second voyage (juin-septembre 1677) eut un résultat tout contraire. Elle était partie mécontente (sa correspondance avec l'abbé Gobelin l'indique assez) de voir que les promesses de madame de Montespan ctdu roi eussent abouti à de nouveaux scandales suivis du retour de faveur qu'on vient de voir. Ses lettres si judicieuses, si sensées, donnèrent vraisemblablement à
** Lcllres des 11 juin, 2, 7, 28 et 50 juillet 1677.
Louis XIV des regrets et le désir de la revoir. Il n'est pas jusqu'à celles du petit duc du Maine qui ne rehaussassent le mérite d'une gouvernante si habile. Quand elle fut revenue, elle resla à la cour, entre le roi, dit-elle*, et madame de Montespan. Malgré son dessein vingt fois an-. nonce, mais très-peu arrêté, de se retirer, l'abbé Gobelin l'y retenait «ans trop de peine. Cependant les brouilleries des deux amants avaient recommencé *. Une septième grossesse ne fit peut-être que les rendre plus aigres. Le 2 février 1678, le roi quitta Versailles avec la reine et une partie de la cour. Il se dirigeait sur la Lorraine, mais le but de la campagne était le siège de Gand, Quoique enceinte de cinq mois, celle qui avait si cruellement traité la pauvre Isis, dut suivre, bon gré mal gré, la reine et la cour. Les sévères réflexions de Saint-Simon sur ces fantaisies royales seront-elles aussi taxées d'injustice? A peine partie, madame de Montespan recevait des nouvelles du duc du Maine, du Mignon^ qui lui repro* chait, au milieu de gentillesses un peu prétentieuses, d'avoir un jour brûlé une lettre du roi •. La lettre du
* Correspondance générale, 1. 1, lettre du 25 octobre 1677.
* Lettre de madame de Sévigné du 15 octobre 1677.
5 Voici quelques-unes de ces letli'es, elles sont extraites du volumt intitulé : Œuvres diverses d'un auteur de sept ans.[— Ce livre, tiré à un petit nombre d'exemplaires, est précédé d'une dédicace de madame de Mainlenon à madame de Montespan, qui est l'ouvrage de Racine.
Saint-Germain, 7 février 1678. — t Je suis inconsolable, Madame, de vous avoir vue partir aujourd'hui. Le roi m'a fait l'honneur de me Regarder quand il est sorti de la chapelle; j'ai été ravi du petit signe de