a Madame de Monlespan se porte fort bien et a et
aujourd'hui dansle carrosse de la reine. » Tout à coup
la diversion que Louis XIV voulait produire ayant eu so :
effet, il vole vers la Flandre, et arrive le 2 mars à Valen
cieniies. « Sa Majesté est extrêmement fatiguée, mand
alors Saint-Pouange ; elle a avoué, en arrivant ic
qu'elle n*a de sa vie tant souffert. » Fatigue glorieusi
car cette pointe sur la Lorraine avait trompé les allié
cl procuré la prise de Gand I Que faisaient, pendant «
temps, la reine, madame de Montespan et les dam^
Elles gagnaient Lille à petites journées. Le premi
maître d'hôtel de la reine, Colbert de Villacerf, éci
de Cambrai à Louvois, sous la date du 10 mai
que la reine a logé à l'archevêché avec madame i
Montespan et qu'il les a éveillées pour leur annoi
cer la prise de Gand. « Il ne tiendra pas à rao
ajoute Villacerf, que la reine aille en un jour à Lill
* Dans celte dernière ville, les échevins offrirent au roi quatre de zaincs de bouteilles de vin de Reims, à la reine, vingt- six livres de ce litures sèches et huit cents poires tapées, et à madame de Montespj une corbeille de poires tapées ornée d'une guirlande de rubans. « t en lit uiv régal au roi, » dit la relation ofûcielle. [Passage de Jjouiê Jl à Vitry-le-François, en 1G78, 1680 et 1681, par le docteur Valen! in-8% Vitry, 1867.)
CIIAPITHE CINQUIÈME. 09
inais c'est une étrange chose que d'avoir a fibire à des femmes; je louerai Dieu quand vous m'en aurez déli- \Té. » Pauvre Villacerf, ne dirait-on pas un gardien du sérail? Et il n'était pas au bout de ses inquiétudes I De Lille, madame de Montespan voulut aller à Oudenarde où était le roi. « L'on vient de partir, écrit Villacerf à Louvois le 20 mars ; madame la comtesse de Soissons seule est delà partie. I/on ne reviendra, selon les apparences, que mardi, parce que Ton ne pourra faire à Oudenarde que ce que Ton aura à y faire, el venir coucher ici ^.. » Ne voilà-t-il pas un maître d'hôtel bien indiscret?
Épuisons, sur ces voyages de la cour aux armées, nos derniers renseignements. Us se rapportent au mois de novembre 1680, et c'est un futur évoque, Fléchier,
* Bistoire de îjouvois, par M. Roussel, t. II, p. 488 à 493. — Une particularité racontée comme il suit par le marquis de Sourches [Mé^ ^res, t. I, p. 89) marqua le retour de cette campagne :
< Le roi étant toujours fortement amoureux de madame de Montespan , fit roTenant à Versailles, après la prise de Gand et d'Ypres, quelques jours avant Pâques, en l'année 1078, le Père de La Chaise, son confcs- *^P, demeura à Lille, disant qu'il étoit malade, soit qu'il le fût effectivement, soit qu'il ne voulût plus donner l'absolution au roi, qui, "^'gré toutes les paroles qu'il lui en a voit données, ne vouloit point rompre son commerce avec madame de Montespan. En l'absence de son confesseur, le roi envoya quérir le Père de Champy (jésuite) lequel, •prés un long tête à tôte avec lui, ne voulut point le confesser, parce IQ'ilne vouloit pas lui donner l'absolution, et sut néanmoins lui parler «i sagement que le roi, bien loin d'être offensé de son refus, demeura tfès-satisfait de lui et en dit du bien à tout le monde. »
On a vu (p. 57, note 2) que le curé de Saint-Germain s'était montré nwins sévère en 1672.
qui nous les fournit. Il accompagnait, en qualité d lecteur, le dauphin, qui suivait le roi, avec la reim la dauphine, madame de Montespan et les dames è service. Parti de Versailles au mois d'août, on y rev( venait par l'Alsace cl la Lorraine, après une cxcursio sur les frontières de la Hollande. Un jour de novembn sur la roule de Longwy à Longuyon, Louis XIV qui s'éta détourné de la route pour visiter des forlifications, fi égaré par ses guides. La nuit était venue. Percé par pluie, crotté comme un postillon, dit Fléchier, il errs au milieu d'un bois, à quelques lieues de Luxerabour où les Espagnols avaient une forte garnison. Faudrait donc coucher dans la forêt, sur un sol détrempé? ( le craignit un instant. Quelques gardes trouvère enfin le chemin de son logement, où il arriva à ne heures du soir. Pour comble de malheur, la reine éti restée en route avec les princesses et les dames. 1 roi remonta à cheval pour la chercher, et, grâce ai paysans qui éclairaient les chemins avec ie la paill il la trouva embourbée, à deux lieues de là. Ses of ciers eux-mêmes n'avaient pu la suivre. Laissoi maintenant parler Fléchier, racontant le lendemain mademoiselle Deshoulières cette belle équipée ^ c< 1 reine pleuroif, et pleure encore aujourd'hui. Voi jugez bien qu'on fut mal couché. Les seigneurs et l dames dormirent sur de la paille, et madame c
* Histoire de Fléchier y^v M. l'ablé Delacroix, p. 228 ; lettre du 6 n vembre 1680.