‹ Madame de Montespan et Louis XIV: étude historiqueChapitre 51 sur 204 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

Montespan eut bien de la peine à trouver un méchant matelas pour mademoiselle de Nantes qu'elle avoil amenée avec elle. »

Tout n'était pas rose, on le voit, dans la haute position que madame de Ludres avait ardemment ambilionnée, et si des douceurs sans nombre y étaient attachées, elle n'était pas sans déboires et ressemblait beaucoup à une fonction. Nous avons, sur ce point, le témoignage Irès-affirmatif d'un témoin oculaire on ne peut mieux placé, madame Henriette d'Angleterre. « Le roi, écrivait-elle le 14 avril 1670 à madame de Saint-Chaumont, n'est point de ces gens à rendre heureux ceux qu'il veut le mieux traiter. Ses maîtresses, à ce que nous voyons, ont plus de trois dégoûts à la semaine. Voyez à quoi ses amis se doivent allendre *. » Les ennuis qu'on vient de voir corrigèrentils le roi? Nullement, et, bien des fois encore, les dames durent l'accompagner aux armées. Madame de Maintenon elle-même eut à subir plus tard ces exigences égoïstes, juste objet des critiques de Saint- Simon et du petit nombre de ceux qui ont osé, comme lui, écrire ce que tout le monde pensait.

* Mémoires de Daniel de Cosnac, t. 1, p. 415. — Madame de Saint- Chaumont avait été gouvernante des enfants de Madarfie. Disgraciée par suUc des intrigues de la cour de Monsieur, elle entra bientôt après aux Carmélites et resta l'amie de la princesse.

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