CHAPITRE SIXIÈME
liléd'iimede riniioceiice la plus pure! Ce sont de ces choses qui ne se conçoivent pas, et Sa Majesté qui oonnolt madame de Montespan jusqu'au fond de l'ûme, ne se persuadera jamais qu'elle ait été capable de ces abominations ^ »
Colbert, tout porte à le croire, communiqua ce niis moire à Louis XIV. Le 26 février 1681 , Duplcssis lui eu transmettait un autre, avec cette note confidentielle : « Ayez la bonté de voir Tobscrvalion qui est au commencement, parce quelle peut fournir des moyens contre i^ancoup de choses qui paroissent assez prouvées. » De son côté, La Reynie adressa à Louvois, le 17 avril suivant, un mémoire destiné au roi, où on lit, relativement ^ 'a rétractation de la femme Pilastre qui, à la ques- ^'on, avait accusé madame de Montespan de Tempoisonnement de mademoiselle de Fontanges: « 11 y a deux ^^'Ires faits (celui d'une messe sacrilège et de poudres pour le roi) où madame de Montespan a été nommée, ^' les charges sur ces deux faits ont encore été de nou- ^^au confirmées, la Pilastre n'ayant rétracté que le Pï'emier*... »
On peut aujourd'hui, et c'est une curieuse étude,
' Cabinet de M. le duc de Luynes; mémoire original. M. le duc do ^'iiynes, qui nous avait communiqué les tn-sors de son cabinet avec une obligeance que nous n'oublierons jamais, possédait égalonieut eu ori{?inal, les extraits faits par Colbert des interrogatoires coucornant mesdames de Monlespan, de Vivonne, etc.
* Bibl. imp. Mss. S. F. 7,008. Procèft de la Voisin. — Ce sont U ^ pièces originales et les n)inules de Ta Reynie
m MADAME DE MONTESPAS.
suivre dans la correspondance de madame de Sëvigné, toujours si bien renseignée, de Bussy et de madame de Maintenon elle-même, le contre-coup des mémoires de La Reynie et de Duplessis. Les récriminations et les querelles entre madame de Montespan et Louis ÎIT avaient commencé avant les dénonciations de la fille Voisin et de la Pilastre; elles semblent, à partir de cette époque, s'envenimer et devenir plus fréquentes. Au moment où La Reynie faisait des efforts inutiles pour dissiper les obscurités du procès, où, par suite, Louvois, Colbert et Louis XIV étaient livrés aux plus grandes incertitudes, trois femmes, la marquise de iMontespan, mademoiselle de Fontanges et madame de Maintenon, étaient fort occupées, les deux premières à retenir, la dernière à capter le cœur du roi. En annonçant à sa fille, le 6 avril 1680, que la nouvelle duchesse de Fontanges recevait dans son lit (quoi déplus naturel?) les compliments de la cour pour le tabouret que le roi venait de lui accorder, et qu'elle allait passer le temps de Pâques à Chelles, dans Tabbaye de sa sœur, madame de Sévigné ajoutait : « Madame de Montespan est enragée; elle pleura beaucoup hier. Vous pouvez juger du martyre que souffre son orgueil, qui est encore plus outragé par la haute faveur de madame de Maintenon. » Le 30 du même mois, Bussy écrivait de Paris * : « Madame de Montespan est tombée. Le roi ne la regarde
* Correspondance, Lettre au marquis de Tricliateaii, t. V, p. 110.