‹ Madame de Montespan et Louis XIV: étude historiqueChapitre 66 sur 204 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

Pour revenir aux soupçons d'empoisonnement, on peut affirmer que, docile aux premières recommandalions du roi, et cédatit à ses impressions personnelles, laBeynie inclinait à mettre en cause mesdames de Monlespan et de Yivonne; il ne s'arrêta qu'au moment où Colbert, tranquillisé et forliflé par les consultations secrètes de l'avocat Duplessis, eut obtenu qu'une autre direction serait donnée à l'affaire. C'était sans contredit, en l'absence des preuves indispensables, le parti le plus juste d'abord, et ensuite le plus politique et le plus sage. Se figure-t-on, en effet, la mère de tant de princes légitimés comparaissant devant la chambre de TArsenalsous l'accusation d'avoir fait prendre au roi, pour consener son amour, des philtres qui auraient pu l'empoisonner? Quel scandale en France et en Europel Quelle humiliation pour la royauté ! A part les liens qui existaient entre lui et mesdames de Vivonne et de Montespan \ Colbert fil donc très bien d'étouffer

*U dernière fille de Colbert avait été fiancée le 44 février 1679 à ^^ de Rochechouart, duc de Morlemart, fils du duc de Vivonne et "^eu de madame de Montespan. Le mariage fut célébré au mois d'oc- ^we 1680. Le 25 de ce même mois, Colbert écrivit au duc de Vivonne : « Vous verrez par la leltre de madame de Montespan que je vous envoie, ^e nous concourons tous à souhaiter votre présence ici, lors de la conclusion du mariage de M. le duc de Mortemart. » (Arch. de la Ma- ^6.) Il existe une lettre de Colbert à l'abbesse de Fontevrault, du ^7 février 1679, dans laquelle, en la prévenant que ce mariage venait d'être arrêté, il lui disait : « Vous vous êtes jointe à madame de Montespan pour la satisfaction de M. votre neveu et le rétablissement de Tolre maison, avec l'assistance et les bienfaits du roi. J'emploierai tous mes soins à concourir avec vous à ces deux fins... » (Bibl. imp. Mss. Mél. Clairambault, vol. 426, fol. 188.)

cette accusation. Ajoutons que l'exil, la disgrâce ée tante de la favorite, pouvaient, en provoquant des colèi et des orages toujours à redouter de sa part, amener divulgation d'un secret si bien gardé, qu'il avait compl tement échappé à la curiosité des contemporains, et q la plupart des juges delà chambre de l'Arsenal Tavaic eux-mêmes ignoré.

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