‹ Madame de Montespan et Louis XIV: étude historiqueChapitre 7 sur 204 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Portrait de madame de Montcspan par les contemporains. — Sa naissance et son éducation. — Ses débuts à la cour. — Elle quête à Saint-Germain l'Auxerrois. — Vers de Benserade sur elle. — Son inclination pour le marquis de >'oirmoutier. — Elle épouse le marquis de Montcspan. — Sa liaison avec mademoiselle de La Yallière. — Incident d'un voyage de la cour à Compiègnc. — Elle devient publiquement la maîtresse du roi. — Plaintes violentes du marquis de Montespan. — Sa colère contre madame de Montansier. — Ma<iemoiselle de Montpensicr cherche à le calmer. — L'archevêque de Sens, son oncle, prend parti et se compromet pour lui. — L'Amphilnjon de Molière. — Le marquis de Montespan prend le deuil de sa femme et fait faire ses funérailles. — Intervention de Colbert. — Séparation de corps et de biens. — Louis XIV ne veut pas que M. de Montespan séjourne à Paris. — Curieuses lettres à ce sujet.

Un délicieux émail de Petitot, divers portraits attribués à Mignard^ de nombreuses descriptions du temps expliquent Tinfluence de madame de Montes-

* Voir à r Appendice, pièce n* I.

pan et de sa beauté, qu'une humeur enjouée, piquante, pleine de saillies, rendait irrésistible. « Elle étoit belle comme le jour, » dit Saint-Simon. Madame de La Fayette, qui T avait vue longtemps à la cour, la cite également « comme une beauté achevée, quoiqu'elle ne fût pas parfaitement agréable. » Madame de Sévigné s'associe à ces éloges et revient cent fois sur sa beauté triomphante. La princesse Palatine elle-même, qui la détestait franchement, loue « ses beaux cheveux, ses belles mains, sa belle bouche. » Résumant ces esquisses éparses, un historien moderne a pu dire avec raison : <c La nature avait prodigué tous ses dons à madame de Montespan, des flots de cheveux blonds, des yeux bleus ravissants avec des sourcils plus foncés, qui unissaient la vivacité à la langueur, un teint d une blancheur éblouissante, une de ces figures enfin qui éclairent les lieux où elles paraissent ^ » Il faut voir, pour revenir aux témoignages contemporains, les enthousiasmes du naïf auteur de la Muse historique. En 1662, aux cérémonies de Noël, elle avait quêté à

* Histoire de madame de Maintenon, par M, le duc de Noailles, t. I, p. 459. — Voici, pour entendre tout le monde, uii autre portrait crayonné à la diable par la princesse Palatine, mère du régent, qui ne traite pas mieux madame de Montespan que madame de Maintenon ; a La Montespan avoit, avec une taille épaisse et laide, un éclat extraordinaire et beaucoup d'esprit dans les yeux, une très-jolie boucbe et un rire charmant...» [Correspondance complète de Madame, dmliesse d'OrlëanSy édit. nouvelle, par M. G. Brunet, l. I, p. 127.) Madame do Sévigné parle au contraire plus d'une fois, même après les grossesses fréquentes, d'une taille aussi belle qu'aux premiers temps de la faveur, et c'est elle évidemment qu'il faut croire.

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