CHAPITRE HUITIÈME
talions. Si décidée que fût madame de Montespan à ne rien demander après avoir été si longtemps la dispensatrice de toutes les grâces, elle était obligée de plier quand il s'agissait de sa famille. C'est ainsi qu'en 1698 elle sollicita pour une de ses nièces religieuse, mademoiselle de Vivonne, une faveur que le roi n'accorda qu'aux prières de madame de Mainlenon.Une lettre de remercîment fut suivie d'une réponse que l'on n'a pas, mais dont cette autre lettre à la duchesse de Noaillcs peut donner une juste idée.
a Fontevrault, le 19 novembre 1698.
« C'est tout de bon que je ne sais plus que vous dire .
J'en étois aujourd'hui à vanter vos mérites à madame
de Maintenon et à la féliciter de l'agrément qu'elle doit
trouver dans votre commerce, et dans la sûreté et la
discrétion que vous possédez au suprême degré, à quoi,
^ïïtrenous, celles qui l'ont approchée jusqu'à cette
'^eurene Pont pas dû accoutumer. Vous pouvez vous
souvenir que je vous en parlai à Saint-Joseph à vous
"^éme, etjelerépétois aujourd'hui à madame de Main-
'cnon dans l'épanchcment de cœur où sa lettre m'a
ïQise; car elle m'a dit tout ce que je souhaitois d'elle,
qui ne coiisistoit qu'à me montrer tout net que mon
commerce ne lui convient point et que je n'ensuis pas
plus mal avec elle. Tout cela peut fort bien être et
je le comprends si bien que je ne demande pas autre
chose pour avoir l'espiit et le cœur en repos sur une
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personne qui y a fait trop d'impression pour n'yj: — mhs toujours tenir sa place. Et je ne saurois assez vo^ vs dire à vous, Madame, le bien que vous m'avez fait ^n me levant un si posant fardeau, qui, à souffrir oim à combattre entièrement, étoit toujours fort pénible, «fe vous assure que je me sens soulagée d'une manière qui ne pouvoit me venir que par l'éclaircissement que vous^ m*avez procuré ; car des honnêtetés de traverse, des grâces même ne frappoient point au but; il falloit reprendre les choses de plus loin, et par là y comprendre les suites. Cela est fait, je vous en remercie et ne vous demande plus rien, ni à madame de Maintenon non plus : elle m'a dit ce qui ne pouvoit être dit que par elle, et qui autorisera lout ce que j'aurai besoin de me dire àTavenir. Je la prie aussi de croire en moi tout ce qu'elle y a vu de plus agréable, et elle croira vrai. Je n'ai plus qu'à lînir votre lettre par où j*ai fini la sienne, qui est que le silence entre elle et moi me devient agréable quand je sais qu'il lui corivient. »
A-t-on bien là le mot vrai, exact, le fond du cœur? Cela est plus que douleux, el il est permis de croire que la sincérité n'était parfaite de part ni d'autre. On en est même convaincu pour ce qui touche madame de Maintenon, en comparant à la lettre qu'on vient de lire, ce qu'elle écrivait à Tabbesse de Fontevrault, le 17 décembre 1698 : « Je vous supplie d'assurer madame (l(i Montespan des senlimens que vous avez vu que je conserve pour elle; je ne puis jamais cesser de