CHAPITRE IIUIXIÈMË
ïn'mtéresser à tout ce qui la louche, depuis les plus grandes jusqu'aux plus petites choses *. »
Un an après, le 2 novembre 1699, madame de Mont€span écrivait encore à la duchesse de Noailles : « Je ^uis si mal instruite de la cour que je ne sais quelle ^ortede compliment il vous faut fairesur la mort de madame de MontchevreuiP; jeTai regrettée pour moi-même.
* Correspondance générale f t. IV, p. 208. — Comme c'était vraisemblable I « Ceci, dit M. Uavallée, malgré sa prédilection pour madame de MainteDon, s'accorde mal avec la lettre précédente de madame de Montespan. » — Complétons ce que nous avons déjà dit au sujet de mesdames de Montespan et de Maintenon par l'extrait d'une allocution de ia dernière aux demoiselles de la classe bleue à Saint-Cyr. Son témoiifiagef évidemment arrangé pour les besoins de la cause, n'en est pas ^oins curieux :
<r. . . Madame de Montespan et moi, nous avons été les plus grandes ^mies du monde; elle me goûloit fort, et moi, simple comtnefétois, je ^onnois dans cette amitié. G'étoit une femme de beaucoup d'esprit et {Pleine de charmes ; elle me parloit avec une grande confiance et me ^îsoittoutce qu'elle pensoit. Nous voilà cependant brouillées sans que ^ous ayons eu dessein de rompre, il n'y a pas eu assurément de ma tiaute de mon côté, et si cependant quelqu'un a sujet de se plaindre, c'est eiie, car elle peut dire avec vérité : c'est moi qui suis cause de son élévation ; c'est moi qui l'ai fait connaître et goûter au roi ; puis elle clevient la favorite, et je suis chassée . — D'un autre côté, ai-je tort d'avoir accepté l'amitié du roi, aux conditions que je l'ai acceptée? Aije tort de lui avoir donné de bons conseils et d'avoir tâché, autant que je l'ai pu, de rompre ses commerces? Mais revenons à ce que j'ai voulu dire d'abord. Sien aimant madame de Montespan comme je l'aimois, j'étois entrée d'une mauvaise manière dans ses intrigues; si je lui avois donné de mauvais conseils, ou selon Dieu ou selon le monde; si au lieu de la porter tant que je pouvois à rompre ses liens, je lui avois enseigné le moyen de se conserver l'amitié du roi, n'auroit-elle pas à présent entre les mains de quoi me perdre, si elle vouloit se venger? » [Uttres historiques et édifiantes^ t. 11, p. 75.) '^ Née Bouclier d'Orsay, amie intime de madame de Maintenon, avec
Jela croyois fortbonne femme, et d' ailleurs] 'aime toutes^ mes anciennes connoissances. J'avois prié M. du Maine^ qui m'apprit cette nouvelle, d'en faire mes complimens dans sa famille, et môme à madame de Maintenon. Je vous demande encore la même grâce, et de les faire de tous points selon qu'il conviendra. Je suis toujours embarrassée dans les occasions pour prendre une juste mesure dans mes démarches. MoYi inclination me porteroit très-naturellement à me montrer directement h madame de Maintenon telle que je suis pour elle; cependant, vous savez. Madame, que mon commerce n'est pas de son goût. Cela soit dit sans reproches et sans agacerie, car je suis plus que satisfaite de ce que je reçus d'elle Tannée passée par votre moyen ; mais c'est pour vous montrer simplement qu'en effet je suis encore à démêler ce qu'il faut faire pour agréer; car quand j'ai suivi ma pente naturelle en me laissant oublier, j'ai trouvé qu'on me faisoit plus d'honneur que je ne pensois, et que l'on se souvenoil de moi pour blâmer ma conduite. Tout cela joint à mon humeur paisible, me fait craindre tous les événemens. Je voudrois que chacun demeurât comme il est, que l'on y fût content, et que l'on le fût les uns des autres; il me semble que cela ne seroit pas si difficile, si chacun vouloilbien n'être occupé que de sa place, tant pour
qui elle avait pourtant été brouillée pendant quelque temps. Madame de Maintenon, lui ayant pardonné, fit nommer le marquis de Montche- Yreuil gouverneur du duc du Maine. Morte le 25 octobre 1609.