‹ Madame de Montespan et Louis XIV: étude historiqueChapitre 94 sur 204 · CHAPITRE DIXIÈME. 107i · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME. 107i

P<^ (le porséculion que j'essiiyois, la manirro rlorit niadame do Monlcspaii en usoit avec moi, rien ne me feisoil faire des réflexions contraires à mes premières Wées. »

te marquis de Montespan aurait bien voulu, après quelques années passées au fond de sa province, revenirà Paris et y mettre son fils dans un collè{(e; on lui "l dire que cela serait vu avec déplaisir, et il fut obligé "® l'envoyer à Moulins. Un peu plus lard, on permit ''ly; plus tard encore, on consentit à un voyage a ^^îs, où madame de Montespan put voir cet enfant, ^^ ^eul légitime, que sa situation l'obligeait de cacber ^nnme une faute, a C'est la première fois, dit d'Antin, ^^Ors âgé de quatorze ans, que j'avois ce plaisir-là ; '^Ols les raisons de cour l'empôcbèrent de me voir da- ^^ntage, dont je fus extrêmement morlifié.wEtil njoute ^ti note : « M. de Fieubet, conseiller d'État, s'éloit ^liargé de mon père pendant la visite. » Les événements de 1680, le triomphe de madame de Maintenon, i^abandon définitif, arrivèrent ù propos pour d'Antin, qui put faire sa rhétorique, puis ses deux années de philosophie chez les jésuites de Paris, ne voyant d'ailleurs sa mère que très-rarement, et toujours en cachette. Le moment de lui ouvrir une carrière étant venu, on le fit nommer sous-lieutenant, et madame de Montes pan lui remit cent pistoles pour sa première campagne On de ses oncles, le duc de Bellegarde, Payant présen' au roi : « Je crus, dit-il, les cieux onveris, quand

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mo vis à la cour; je n'en connaissais guêpe Iputes les amertumes.» Le pauvre homme I croirait-on qnoeelui qui parle ainsi , passa toute sa vie à Versailles, eomUé d'honneurs et de faveurs ? A vingt ans, il avait un r^ giment, et Tannée d'après, madame de Montespan obtenait de madame de Main tenon que le roi le nommâf menin du dauphin K C'était, suivant d'Aptin, le seul sefv vice que sa mère lui eût rendu, quoiqu'elle eût de Tamilié pour lui, à sa manière, a Mais, aJQute-tril, let autres considérations l'emportèrent. » En 168Q, elle le mariait, à mademoiselle d'Uzès, petite-fille du duc de Monlausier *. Il avait espéré qu'elle demanderait pour lui, à cette occasion, un titre, une grâce. « Elle n'en flt rien, dit-il, se contentant de me donner deux mille écus de pension, qui est le seul secours qu'elle m'ait jamais donné pour m'aider à subsister. » Saint- Simon, qui juge d-Antin saps aigreur ni passion, nous

* CéOrreipondance générale , t. III, p. 151, xïoiù, —- Journal de Dart' geau.

* a En co tcmps-U, dit lo marquis dq Sopfchcs dans ses Mén^oires, h \n date du moi» (j'aotH 1088, on sut que M. le duc d'Uzès avoit enfin consontlau mariage dosa fille avec le marquis d'Antin. Il l'avoit longtiunpH trayorsi'!, pcslant hantomcnt coptro sa femipe et contre madame do MotUoHpan ; il y consentit ii la fin, 6 condition qu'il ne donneroit rien h m fille, dont la dot fut fournie par le duc de Montausier. » Le célèbre misanthrope (^tait, on In sait d'ailleurs par ses lettres, rest^ fidèle i madame de Montespan. Mt^dainode Caylus croit qu'il avait dil sa i^omination de ffouverneur du dauphin A Tinfinence alors toute-puissante de la favorite. Cela rappelle In scène entre madame de Montausier et le mar- <piis de Mpntospan, dont noi)s i^ypns (Mirl4, et les violentes invectives du mari outrapft^ Il y a encore l/i bien des dessous qui auraient besoin '•'^xpllration.

CHAriTIlE hlXIËME. 1fir>

nntrobmla) pnr tomp^Tninont, doux, poli par réinn, accncillnnt, omprossô i\ plaire, no disant du I do personne. On voil, en tout cas, qu'il ne ménagea Bsamèrc. I/2 bruit courait aussi qu'il étnil trop heu- 'iiinujou.Sif;nalons en passant derurieuses réunions icrpmillc. Le marquis de Montespan avait, a ee qu'il "semble, enfin obtenu Tauturisation de n^paralln^ à Ver- ^nilles. «C'éloit une dnMe de eliose à voir, dit la princesse Palatine, lorsque lui et son (ils d'Anlin jouoicnt avfic madame d'Orléans et madame la duchesse (fdlcs du roi et do madame de Montespan) et qu'il donnoil rospoctueusGuient et avee des baiseiiKuis de main les caries ù CCS princesses... 11 Irouvoil lui-nu^me cela plai- •^''•nt; il se rclournoit, et rioit toujours un peu '. » Ce ''PCclacle, assez peu moral assurément, était en effet ''^^ plus piquants ; mais, depuis que le plus orgueilleux ^'^^ rois avait épousé madame de Maintenon, de (|uoi la ^'^'ïr pouvait-elle s'étonner? Quant à d'Anlin, un P^^^ plus tard il était fait marérlial de camp, puis '^Utenant général, toujours avant son rang, toujours '|***îrontenl, mais rongeant son frein avec grâce cl jus- ■Mîntft merveille le mol du duc d'Orléans : sfOishnmcw ^'^ m]$ hnnnnir. Le mariage d(^ son (ils avec mademoi- ^**ll« de Noailles semblait devoir, avec l'aide, de l'ba- '^'*le maréchale, le mettre sur la voie des faveurs. Au

* Qorretipowhnce cowphHr^ 1. Il, p. 202. — ],o fiiil. oRl-il l»ioii vrai V ^'^ liiBse Iq rcftponsnbiliti^ à In princcsso rnlatitio, In bouIo qui en

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lieu' de cela, il échoua pour Tambassade de Rc contre-temps plus fâcheux ! il (ut exclu de la 1 lieutenants généraux désignés pour la camp 1707*. D'Antin (c'est encore une remarque i temporains) était naturellement poltron ; seu brave comme il était poli, c'est-à-dire par réfli avait une sorte de courage moral, et, en détiniti de vanité que de poltronnerie. Cette disgrâce, q blait devoir arrêter son avenir de soldat et de co lui parut un malheur sans exemple. — a Le pi vantable^ c'est que le roi avoit toujours paru de lui, touché de ses soins, et Tavoit dit à qui Tentendre*. » Heureusement, la chance tourr tôt, juste à la mort de sa mère, et ne le quil 11 était, ce fut son expression, dégelé^.

Depuis sa retraite à Saint-Joseph , madame i tespan avait cherché dans une bienfaisance a(

^ Lettre de madame de Maintenon du 22 février 1707.

* Ses doléances sont significatives et peignent tout un mo homme sage, dit-il, peut se passer de la fortune, surtout qua abondamment ce qu'il faut pour la mériter. Mais que l'on nepui espérer de plaire et de mériter la moindre part dans l'amitié de & qui vous éUîS attaché uniquement, que vous servez avec dé auprès duquel vous passez voire vie entière dans un abandon toi même, et occupé jour et nuit de ce qui peut lui être plus agi vérité, c'est un élat trop douloureux pour les gens qui ont 1 d'avoir le cœur sensible. • On n'est pas plus naïvement cou

* Il faut; pour avoir une idée complète du personnage et pied, mais un peu flatté, lire, après Saint-Simon, une charma de M. Sainte-Beuve intitulée : le Duc d'Antin, m te parfait iCauëerieidulundifi.y.)

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