‹ Madame de Montespan et Louis XIV: étude historiqueChapitre 98 sur 204 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

ce soit, ni à son (ils qui étoit présent. Elle dit seulement au gardien des capucins de Bourbon, qui vint l'assister : «f Mon père, exhortez-moi en ignorante, le plus simplement que vous pourrez. » Quelques jours après, madame de Maintenon écrit encore à madame des Ursins : ^ La mort de madame de Montespan ne m'a pas mise hors d'état de vous écrire; mais il est vrai que j'y fus fort sensible, car cette personne-là n'a pu m'être indifféroRte en aucun temps de ma vie * . »

les suites de celte mort furent, comme il arrive souvent, plus tristes que la mort elle-même. A peine sa mère avait-elle cessé de vivre , que d'Antin partit pour Paris. Son corps si parfait^ dit Saint-Simon, fut exposé animaladresses d'un obscur chirurgien*. La maréchale deCœuvresel les dames de compagnie s'étant retirées aux environs, quelques valets restèrent seuls charges ^es derniers soins. Qu'on ajoute à cela une dispute de

tr*8-Traie et très-juste en général: « Cela ne justifie-t-iL pas ce que a dit plu8 tard, t que la mort n'est pas une chose aussi terrible nous nous Timaginons, que nous la jugeons mal de loin, que c'est QD spectre qui nous épouvante à une certaine distance, et qui disparaît lorsqa'on vient à en approcher de près. . . . i»

* lettres des 19 et 26 juin 1707.

J Voici le texte même : « Ce corps, autrefois si parfait, devint la proie ^elaipaladresse et de l'ignorance du chirurgien de la femme de Le Gen- ^, intendant de Uontauban, qui était venue prendre les eaux, et qui ^arut bientôt après elle-même. » (Mémoireg, t. Vï, p. 47.) Saint-Simon 3Tait dit précédemment, dans ses notes du Journal de PangeaUy forme Pi^ière des Mémoires : a Son corps fut la proie de l'apprentissage du chirurgien d'un intendant de je ne sais où , qui se trouva à Bourbon , et qui voulut rouvrir, sans savoir comment s'y prendre... »

prêtres et de chanoines, quand le corps fîit porté à Téglise, où il devait rester en attendant d'être envoyé à Poitiers, dans une tombe de famille ^ La moindre bourgeoise aurait été traitée avec plus d'égards. la regrets et les larmes des malheureux, des savants A des artistes pauvres qu'elle secourait, font contraste avec ces indignités*; elles chargent d'autant plus d'Antin. On s'était demandé la cause de son départ si subit.L'absence d'un testament auquel tout le monde croyait ei dont la disparition iit jeter les hauts cris aux serviteurs de madame de Montespan , expliqua tout. La situatiof était difficile. Les convenances voulaient qu'il par affligé de la mort d'une mère qu'il n'avait jamais aimée que son ambition accusait de lui avoir été plus nuisibl qu'utile, et dont il était, en définitive, l'héritier unique D'autre part , une douleur trop patente ne serait~ell pas mal vue? D'Antin se tira d'affaire par un étalag

* Soint-Simon. {Mém&ires, t VI.) Il avait d'abord dit à Oiron, dai les notes du Journal de Dangeau : C'est évidemment Poitiers, car, d'à prés Moréri, sa mère y avait été enterrée dans le chœur de l'église d* Cordeliers, lieu de la sépulture des ancêtres de son mari.

* Le Mercure du mois de juin 1707 dit que madame de Montespt fut trés-regrettée, et qu'elle employait la plus grande partie deTarged qu'elle recevait à faire des aumônes. Bienfaisante sans affectation, el n'avait jamais cherché à nuire à personne. « Elle aimoit les beanx-ar et protégeoit ceux qui y excelloient. Elle a donné de l'occupatioKi quelques-uns jusqu'à son dernier moment... Les grands et les petits, h riches et les pauvres, les savans et les habiles artisans ne manqueras pas de lui donner les louanges qu'elle mérite, d On est tenté de croii que cette note, qui ne porte pas de signature, a dû être fournie au Mei cure par le fidèle Gaignières. Voir les articles du Mercure, à l'Appcn dic^, pièce n<> xii.

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