‹ Madame de PompadourChapitre 100 sur 205 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

1 petite maréchale avait bien jugé la position. A ques jours de là, on apprenait que le Roi avait

madame de Pompadour. Le grand air de tris- 3 de M. de Machault était remarqué, et Ton lostiquait sa chute (1).

ais cette chute de Machault faisait les affaires >lus mortel ennemi de la marquise. D'Argenson, ai le Roi blessé et se croyant mourant avait lé les clefs de ses papiers secrets à Trianon,

ancré que jamais auprès du Roi , appelé à tout lent par lui pour la confidence et la commission

* le scandale en ne vivant plus avec elle dans la familiarité. Elle ftima pas sans doute davantage de penser ainsi ; mais elle ne put ficher de m'estimer beaucoup plus. Il est remarquable que le Roi, *appeloit dès que je paroissois dans sa chambre, et qui affectoit t parler tout bas sur sa famille, sur ses affaires et sur ses chane m'ait jamais prononcé le nom de la marquise. Il m^avoit Dt répété en me parlant de Madame Infante : u Elle a de la conen vous; elle a raison, car vous êtes bien honnête homme. » adamo la comtesse de Toulouse, qui avoit de Tamitié pour moi, u>gée, me dit-elle, de la part dé la famille royale quand le Roi >rs de danger, de m'engager de conseiller à la marquise de se *, ajoutant que cette retraite ne diminueroit rien de la confiance Tainitié du Roi, lui assureroit la protection de de M. le Dauphin ;ous les temps, et la couvriroit de gloire aux yeux de TEurope. ondis à cette princesse que, si je n'étois qu'un particulier ami de ne de Pompadour, je me chargerois volontiers de la commission... ue j'étois ministre du Roi et que je ne pourrois, sans connoitre les . ons de Sa Majesté, donner un pareil conseil h une personne qui it chère. » {Mémoires inédits du cardinal de Bernis.) youis XV eut un véritable chagrin de se séparer de Machault, nme selon son cœur », ainsi que s'exprime le Roi dans une lettre ille Madame Infante. Et la lettre de cachet qui lui retire le& L est conçue dans des termes qui ne se retrouvent pas dans très de renvois des autres ministres. La voici telle que la donne de Luynes : u Monsieur de Machault, quoique je sois persuadé re probité et de la droiture de vos intentions, les circonstances

de démarches secrètes, d'Àrgenson (1), une fois dé barrasse de Machault , se jugeait maître du minis tèrc , et il estimait qu'avec son crédit sur Tesprit d' Roi , sa supériorité incontestable sur tous les minis très , madame de Pompadour n*était plus à redoc ter. Il croyait si peu être remplacé que, deux joui avant son exil , il disait à Bernis : « Vous faites ! mystérieux, mais vous savez bien que le Machau fait son paquet : c*est une affaire de huit jours. Et sur cela il se livrait à mille plaisanteries de mai vais goût (2). Fidèle à ses plans, il tenait toute pré la beauté de la belle comtesse d'Esparbès pour

présentes m'obligent de voas redemander mes sceaux et la démissi do votre charge de secrétaire de la marine. Soyez toi^ours sûr de i protection et de mon amitié. Si vous avez des grâces à me demand pour vos enfants, vous pouvez le faire en tout temps; il convient q vouR restiez quelque temps à Arnouvillo. Je vous conserve votre pe sion de vingt mille livres et les honneurs dês Gardes des Sceaux. »

(1) D'Argcuson, que Louis XV faisait venir le lendemain du coup) canif do Damiecs pour le charger de signifier k madame de Pompado' son renvoi, d'Argenson, renseigné sur le peu de gravité de la Uesw du Roi, en habile politique et courtisan consommé, faisait observer i Roi qu'ayant eu le malheur de déplaire à la maîtresse, il y auraU v espèce de barbarie k lui faire porter cet ordre par une bouche ena mie; il lui conseillait d'en charger Machault qui adoucirait la séféril de la mesure par les consolations de Tamitié. Le madré ministre p6i sait avec justice que, si la maîtresse se maintenait, tout son reeMB^ ment se tournerait contre Machault. Machault, au dire de Beaenn no succomba pas seulement sous le ressentiment de madame de Po* padour, le Roi ne lui pardonna pas d'avoir été le confident de M secret et le témoin de la faiblesse qui lui avait fait renvoyer sa ■*■ tresse. Louis XV ne chercha que Toccasion de se débarrasser de e ministre ; et Bcsenval raconte que, lorsque madame de PonqptdoB demanda In renvoi de d'Argenson, le Roi lui répondit ; « Oui, si fûsi consentez ù celui de M. de Machault. » L'assertion de' Besenral V absolument contredite par la lettre de Louis XV à l'Infante.

(2) Mémoires inédits du cardinal de Bernis.

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