‹ Madame de PompadourChapitre 106 sur 205 · CHAPITRE DOUZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIEME

naturel à obliger, a droite comme un jonc sur son Eauteuil » , les yeux fixés sur le parlementaire avec one fixité propre à le déconcerter :

• — Comment I vous ignorez votre crime ? Vous n'avez 908 donc un ami {i)?

Et, après cette exclamation^ la marquise reprodiait au président les secours que ses livres, ses manuscrits , ses recherches avaient apporté aux remontrances, lui disant :

— Entendons-nous donc. Cette considération^ vous le savez bien, est fondée sur l'utilité dont vous êtes à 90ire compagnie par vos livres, vos manuscrits, vos recherches; vous fournissez des citations ^ des autorités, ies titres pour des remontrances qui ont le plus souvent Mplti; Sa Majesté en a conse7*vé contre vous une prétfention qu'il n'est pas possible d'efface^\

Meinières répondait timidement qu'il n'avait fait que donner des autorités qui étaient répandues partout; et revenant à son fils,i] se plaignait du Roi qui jusqu*alors n'avait jamais enveloppé dans la disipràce les parents de ceux auxquels il se laissait aller à marquer son mécontentement.

Madame dePompadour. Le, Roi est le maître ^ monneur; il ne juge pas à propos de vous marquer son mé-

(1) Soulavie a publié en 1793, dans ses Mémoires du maréchal duc de Biehelieu^ les deux conversations de madame de Pompadour avec le président de Meioières. En 1856, M. Pichon a imprimé, dans les Nonpeaux Mélanges des bibliophiles, la première conversation d'après un Dumuscrit de M. de Meinières. Je me sers pour cette conversation des leox textes, choisissant les phrases qui me semblent se rapprocher le plus d'une sténographie de la parole de la favorite.

Mt MADAME DB POMPADOUB.

contentement personnellement, il se con^nte de vottf k faire éprouver en pivant monsmir votre fils d'un état. Vous punir autrement sef*oit commencer une affairt^ (^ il n'en veut pas. Il emploie k moyen qui est dans n main, il faut respecter ses volontés. Je vomplamSf ttpendant , et je voudrois que vous me missiez à poriét k vous rendre service. Vous savez par exemple que k JW désire dans ce moment des marques de soumismn ie h part de messieurs des enquêtes et requêtes quioniimi leur démission; quil a donné des preuves de ses boslà à ceux qui lut ont écrit des lettres particulières. Si vam vous vouliez en écrire une de tnême et^ par votre exmpie, engager plusieurs autres à en écrire de senMaihi, ce seroit un service que vous rendriez au gouvemessait dans les circonstances présentes, que je serais en Hat i fai^'B valoir, et alors vous pourriez espérer qydft changement dans les dispositions du Roi à votre égSfi Mais quand je n aurai autre chose à dire à S. M^^fd' non : Sire, j'ai vu aujourd'hui M. de Meulières; S mi protesté de l'attachement le plus respectueux powr M^ personne et caetera, le Roi me répondra : Qua-t-ifi pour me le prouver?

Le président de Meinières détaillait longoeoMit les motifs qui lui faisaient estimer cette démai^ inutile pour le Roi , dangereuse pour sa compagBÎBi déshonorante pour lui.

Madame de Pohpadour, se gracieusant et flff * ton d'amitié. — Monsieur le président de MëK^ j'ai envie de vous faire plaisir y mais cela tiei0«f|iy possible parce que vous ne vous prêtez àrten. V^^m%é

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