CHAPITRE DOUZIEME
de Pompadour voulait exclure du Parlement et que Heinières défendait, enfin sur la contrainte que fuelques membres mal pensants exerçaient sur la compagnie, contrainte que le président s'empressait de nier.
Madame de Pompadour. Il ne s'agit pas de gêner les ^libérations , mais de diminuer, au contraire, la ty- Httfinie qu'exercent sur les esprits ces messieurs-là dont wus parlez,,. Je vois bien, monsieur de Meinièi^es, que tous ne serons pas plus d'accord sur cela que sur tout le '•este, et j'en suis fâchée. Je vous le répète, cest la trop prande bonté du Roi qui vous a rendus et vous 7*end aur JourcThui toits si entreprenants et si difficiles, A la fin, monsieur, sa bonté se lassera, il veut être le maîti^e, Caliez point attribuer aux ministres le ressentiment wrlicuiier et personnel du Roi, comme vous faites ton- Unars. Il ne s'agit point d'eux, c'est ici le Roi qui est personnellement blessé et qui, par lui-même et sans y être m aucune façon excité par personne, veut être obéi. Mais Je vous demande un peu, messieurs du Parlement, jui êtes-vous donc pour résister comme vous faites aux tfolontés de votre maître? Croyez-vous que Louis XV ne mt pas aussi grand prince que Louis XIV? Pensezvous que le Pa?*lement d'aujourd'hui soit composé de magistrats supérieurs en qualité, en capacité et en mérite, à ceux qui composoient le Fatalement alors? Ahl je le souhaiterais bien/ Qu'il s'en faut qu'ils leur restemblenti Mais consid&ez vous-même ce qu'a été le Parlement depuis 1673, ap9*ès que Louis XIV lui eut été tes remontrances, jusqu'en 1716, et vous verrez si le
2G6 MADAME DE POMPADOVR.
Parlement a jamais été plus grand et plus conssUM que dans cet espace de temps. Pourquoi aujourd^htàf vicssieurs du Parlement, trouvez-vous extraordinairt qu'on vous ramène à l'exécution de Fordonnance Je 1667^ lorsque le Parlement qui existoit pour lors n s pas soufflé après le lit de justice de 1673 quiéloitplm rigoureux?
Interdit par la rapidité et la vivacité du débit de ce discours , Meinières laissait échapper : « Us nV sèrent pas. »
Madame de Pompadour. Y songez^vous, monsieur à Meinières? Ils ne l'osèrent pas, et vous tosex/ Penset' vous donc que le Roi soit moins puissant que son bt' saïeul? Ils ne l'osèrent pas/ Ah/ mon Dieu/ quel senti' metit, quelle expression/ Je sais que c'est la faconde penser commune à messieurs du Parlement et à d'autre; mais peu l'avouent et je suis fâchée de savoir de wirt pi'opre boucfie que vous avez aussi ce sentiment,
Meinières s'excusait, et finissait en disant qM c'était un grand malheur quand un prince n'écootait pas ceux qui Tavertissaient des surprises qui pouvaient lui être faites , et que Louis XY ne senit pas aujourd'hui surchargé de dettes immenses oootractées par Louis XIV, si le Parlement de Louis ÏIT s'était opposé à ce torrent de créations d'offloes et de rentes sur la ville qui accablaient à présent 1*611
Sur cette parole de Meinières qui touchait kViir ministration des finances, la marquise se leYiHa* menait le président vers la porte, lui disant :
Je vois bien que je ne gagnerai rien auprès iswhjf