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CHAPITRE DOUZIÈME. ?6d

phe de Beaumont rapprochait fatalement madame de Pompadour des parlementaires. Elle revenait à Meiniëres qu'elle n'avait point laissé exiler avec les démissionnaires du Parlement, exilé, le 26 janvier, vingt et un jours après l'assassinat du Roi; et, lui sachant en poche un plan d'arrangement, elle lui écrivait de se rendre à Versailles le 8 février.

Dans cette nouvelle conférence, le Président commençait par parler à madame de Pompadour du rappel des seize parlementaires exilés (1). La marquise en rejetait l'idée , et le priait de chercher un autre expédient. Le Président insistait.

Madame de Pompadour. Mais faudi^oil'il, monsieur de Metnières , que l'État pént parce qu'on ne vous tiendra pas vos seize exilés? Jamais les affaires du Roi nont été dans une si belle situation : mais je ne vous le dissi' mule pas , monsieur , si vos résistances duroient encorde, il faudroii que le Roi manquât à ses alliés, à ses engagements et qu'il cessât de payer les rentes, les pensions, et l'État vous auroit cette obligation» Vous avez, ditesw>us, le meilleur maître qui soit dans le monde, il vous laisse voir sa peine et la situation cfiielle ou vous ;*e-

(1) Meinières disait : « Je tous assure d'ailleurs, madame, que des mtiM» exilés, huit désiroient se retirer et que les huit restant sont des ^ens de mérite dont la démission est une perte. Dans ce pays-ci on est prévenu cont«^ M. Clément ; eh bien, ce Clément est adroit, habile, il a on bel organe, et il est capable d'empêcher bien des fautes dans les délibérations de sa compagnie. II y a aussi parmi les exilés des juges excellents tels que MM. de Gars, de Chavannes et de Saint-Vinceot. II y a on M. Lambert qui est un homme de génie. M. de Vandeuii est un traTailleor et il a de la facilité. »

duisez son royaume, et vous demeurez sourds et tnâiffirents; un faux point d'honneur voîâs f^tiènt : nest'Ce pas le moyen d'ulcérer le cœur du Roi? ùe quoi wm plaignez-vous? Vous avez tous donné vos démissùm; le Roi a retenu celles qu'il a voulu; il rend les autr^ i ceux qui les lui demanderont; il a puni les uns et fait grâce aux autres : n est-ce ^as le meilleur des rois?»

Le président se récria à propos de ce mot crael de « grâce » qui ne se fait qu'aux criminels.

Madame de Pompadour. Ce que /ai dit, monsieur^ est dur, mais je ne suis pas un chancelier; quand ceux qui doivent parler le feront, ils pèseront leurs expressiéns^ pour ne rien diminuer de la considération qu'il est essentiel de conse7wer à la magistrature. Mais il faut que l'honneur du Roi, qui n'est pas moins important que le votre, soit ménagé et sauvé. Il a dit deux fois qu'ilaooit exilé des particuliers, quil avoit pourvu au remboursement de leurs offices : croyez-vous quil puisse ehasuffir à la face de V Univers?

Meinières parlait de devoirs...

Madame de Pompadour. Mais fussiez-vùus simpk tir toyen,pourriez-vous voir desang-froidunepoignée éThmr mes résister à r autorité d'un roi de France? rPenauriO' vous pasune mauvaise opinion? Quittez votrepetittnimie» le magistrat, et vous verrez tout cela comme je k voà.

Meinières citait l'exemple de Henri IV qui anit cédé dans des circonstances pareilles, et parlait d'exilés rappelés par lui.

A quoi madame de Pompadour répondait d'un ton ironique :

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