CHAPITRE TREIZIÈME
mandement de rexpédition de Mâhon que par les ititrigues de la duchesse de Lauraguais (i) et l'appui Secret que la duchesse avait trouvé dans Bernis séduit par le plan de Richelieu, dont il défendait Taudace au Conseil. La nomination avait été arrachée presque violemment à madame de Pompadour effrayée de Tascendant sur Louis XV de ce nouveau duc d'£pernon(â). «itf.rfe/?i*c^e/tew, avait- elle dit, quand on était venu lui parler du commandement que briguait le duc , il est assez fanfaron pour vouloir être chargé de cela! Il mettra autant de légèreté àpi'endre une ville qu'à séduire une femme ; cela serait plaisant I Il lui faudroit quelques bonnes disgrâces pour lui apprendre à ne douter de rien (3). » Et la nomination en-
« Je n'auroiê pas en mille ans trouvé assez d'esprit pour vous exprimer toeempaHon où nous sommes de messieurs de Minorque. Les vieilles comédSmnes ont heureusement de la mémoire, elle m'a bien servie, puisque j'ai ifjmtté si à propos cette magnifique comparaison. Je vous envoie la déclafÊtion de guerre du roi d'Angleterre ; la vérité n'y brille pas plus qyie le stjfU, Jen suis fâchée pour l'honneur des beaux esprits anglois. Je crois M, de Duras un honnête garçoH, je lui souhaite tous les biens imaginables, H je contribuerai volontiers à les lui faire obtenir; mais je ne puis qu'applaudir au choix de M. de Mirepoix. Bonsoir, monsieur le Minorquin; f espère bien fort que vous êtes actuellement en pleine possession.
« Je rouvre ma lettre pour vous complimenter sur la bonne opération de Mi. dM la Galisonniére. J'espère qu'elle hous avancera. Nous attendons la nouvelle d'un second combat. •
Une autre lettre de madame de Pompadour relative à la prise de llinorque est donnée dans la Vie privée du maréchal de Richelieu; mais eette lettre est-elle authentique et est-elle donnée textuellement f
(1) Dans un billet k son nigaud, à Pàris-Duverney, madame de Pom- IMuloor dit : «... A l'égard de M. de Richelieu, le Roi lui parle ce soir. ^e vous avertis qu'il ne cache rien à madame de L (auraguais) ; ainsi ftrenex vos précautions.
(2) Mémoires de d'Argenson, édition Janet, t. IV.
(3) Lettre de la duchesse de Lauraguais imprimée dans la Vie privée «le Riehelieu.
levée, madame de Lauraguais mandait à RicMei qu'elle croyait que Tespérance de le voir échouer était entrée pour un peu dans la grâce obtenae.Le succès de Richelieu triomphait un instant de c(ii petites rancunes: mais, bientôt refroidie pa^tfA^ genson encore ministre et fort jaloux de Richeliea, madame de Pompadour faisait au vainqueur de Minorque Taccueil le moins empressé et soufBaità Louis XV le ton indifférent avec lequel il question: nait Richelieu décontenancé sur les figues deHino^ que. C'était, il faut le dire, chez la favorite, une succession de froids et de chauds , selon que remportait Tantipathie de la femme ou la satisfaction de la victoire de sa politique. Un jour elle maltraiter! de paroles Richelieu absent; le lendemain, en public, elle improvisera autour de la garde de son épée u» nœud que madame de Pompadour et le siècle baptiseront: nœud à la Mahon. Au fond, malgré toutes les réconciliations, les raccommodements, les ra/wtriages . il y aura toujours, entre la favorite et le maréchal duc , une vieille défiance , dont Tinquiétudc querelleuse perce si bien dans cette lettre de madame de Pompadour:
Comment nst-il possible qu'un homme aussy considt 7'able que vous s'échauffe sur d^aussy petits objets? i« ?'csfe^ sy vous cnnjcs que c'est un dégoût pour vous, voui estes Ip seul â le croire^ ame qui vive n^y a songé; jtiii parle pas de vos raillettes de Paris, il n*est pas en mon pouvoi?' de Ivs empêcher de vous mander toutes les platitudes imaginables, et il ne me l'est pas davantage de ww
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tifefftf dif ^0v jooeat mi fml rUe âis« ^ de madanif de Pomp^deor. Tcâd miifr ttre sur le même sajet admséeas OM&Ae de snniin, en fl7S8,ok elle lui répond à propof qall ignore :
ne k» ignarét pm$ itmfiempi, Mûmsigmr, fmi mufoU qm pomrot foftzplaàd warkrnj^fm î ie» ei de fripoms OMoty toU qm WÊemtemt dm Tem venu aeaii fait dams mnm e^rit. Fm» tm I pener vcm être Urré à de far^(Oe$iAia{twie$, rouvé de ma part ioute$ le» marqui* de dùHnC" vma méri'ttés [2).
ipports et les correspondances ayaient con-. lire Kaanitz et madame de Pompadonr.
oaltresses, les femmes aimées par Richeliea seront toajoars laréehal dac et madame de Pompadonr oo sujet de ekamail-
Usons dans une lettre de la favorite donnée par M. Boitean édition des Mémoires de madame dÉpinay : ■ ... /e ne crois pas rien de si indécent que tous ces propos que votre jR.„ a fait i M. de Beauvau. Je ne la connais pas assez pour Vaimer beauje suis indignée des moyens dont elle se sert pour obtenir des
n'est pas la première fois que je la vois employer des infâmes ur réussir dans ses projets. Dieu merci, elle n'a pae encore
ogae â*aatographeSi 19 novembre 1863.
En même temps que le premier subside frança des 24,000 hommes promis parle traité de Yersailli se dirigeait vers la frontière allemande, madame < Pompadour adressait cette lettre au ministre autr chiep :
« Cest avec une grande satùfaetiaiï^ nummur, (i je vous fais mes complimenté sur la réusêite desiroA conclus entre l* Impératrice Reyne et le Roy. Jemsm siblement touchée de la justice que Leurs MajesUsh périales veulent bien me rendre et des bontés daiU dk daignent m'honorer. Mon zèle en augmenteroit s*û(^ possible, maïs les preuves que J'en ai données, vous m appris^ monsieur, quil ne s*y peut rien qjouter, /« toujours un plaisir nouveau, en vous renouvelant h assurances de tous les sentimens^ avec lesquels je n esseray d'être, monsieur, votre très^umble et Ms-oUi santé sauvante,
<c J. A. H. DB POHPADOinU
« 7 septembre 1756.
« Ce portrait que vous avés désiré est enfin edùsi mandés-moi le moment que vous croirés eonvenaUepÊÊ vous l'envoyer (1). »
Le comte de Kaunitz répondait à madame dePos padour, le 10 octobre :
« Je me flatte, Madame, que vous trouveras boi qu'à roccasion de ce courrier, je me donne ïhot ncur de vous faire mes très-humbles remeideiMtf
(1) Mavia-Theresia, 1706-1758, par d'Arneth. WUa, U7S. NoCltf.