‹ Madame de PompadourChapitre 113 sur 205 · CHAPITRE TREI.ZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREI.ZIÈME

? la marque de souvenir que vous avez bien u me donner par votre lettre du 7 septembre lier. Les complimens que vous avez la bonté de 'aire ne sont dus qu'à vous, je le sens bien sinment, et c'est assurément le plus grand plaisir londe. Par les ordres que j'adresse aujourd'hui :omte de Starhemberg, l'Impératrice se fait un ible plaisir de donner au Roy une nouvelle ive de, sa façon de penser et de ses sentimens r Lui. Tout ce qui vient de Sa part est pour Elle i très-grand prix , et moyennant cela Elle a été •sensible a tout ce qu'il a bien voulu faire jusci pour Elle, en conséquence du Traité de Veres, avec cette exactitude, et s'il m'est permis de servir de cette expression, cette noblesse et cette ne grâce qu'il n'appartient qu'à lui de savoir tre dans Ses procédés. Les effets dans tous les s et dans toutes les occasions prouveront Sa itude ; c'est de quoi je puis vous assurer, ainsi vous protester que ma façon de penser est aud'hui déjà commune à tout le monde dans ce -ci et le deviendra toujours davantage, si par la e, comme je ne saurois en douter, la France tinue par ses actions vis-à-vis de nous à seconmon zèle apostolique. Enfin, les instructions du te de Starhemberg, l'équité et le discernement ïneuT que je connois au Roi, et votre zèle infatile pour Ses vrais intérêts vus dans le grand, me espérer que nous son\mes bien près de la conmation du plus grand ouvrage qui soit jamais

«78 MADAMfi DE POMPADOtJft.

sorti d'aucun cabinet de l'Europe, Je vous prie d'être persuadée que je le souhaite de tout mon cœur, comme citoyen de l'Univers, par Tintérèt que je prends à la gloire de nos maîtres vis-à-vis delà postérité, et par le plaisir que je me fais d'avance de pouvoir vous en faire mon compliment et voni réitérer les assurances du respectueux et inviolable attachement avec lequel je ne cesserai jamais d'être. Madame, votre très-humble et trèsrobéissant serviteur.

« Le comte de KAUNiTZ-RiTTBEBft.

(( P. S. Vous ne doutez pas sans doute, lladame, que ce ne soit avec la plus cruelle impatience que j'attens ce charmant portrait pour lequel ce cniel M. de la Tour me fait languir depuis si longtemps. Tirez-moi donc de peine, je vous en supplie, et faites-moi la grâce de me l'envoyer au plus t6t. Je vous baise les mains avec le plus profond respect (1).

(( Le comte de KAUNiTZ-RiTTBEiie. »

Un moment la tentative d'assassinat de Damiefis faisait craindre à Vienne le renversement de la ftvoritc et peut-être l'influence du Dauphin dans 11 politique* Aussi Starhemberg se hâtait-il d'annoncer le retour du Roi chez madame de Pompadonr. Mas par un hasard commun aux choses de ce monde, il arrivait que cet événement, considéré dans Is

( 1) Maria Theresia, 1766>1758, par d'Ârneth. Wien, 187S. NottM*

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r instant comme une menace pour Talliance tuz cours, rassurait d'une manière plus . Le coup de canif du 5 janvier 1757 amenait la led'Argenson, le ministre favorable au Roi de et dont Starhemberg annonce le renvoi avec ie qui éclate : « Il était ennemi du nouveau le, mais il affectait de faire paraître le con- 3t en raisonnait comme s'il en eût été le pare plus zélé. Il est apparent néanmoins que ses vues tendaient à le renverser, et il avait B la peine à cacher sa prédilection pour le Prusse et sa crainte que la puissance de ce fût complètement anéantie. Il est donc intable que c'est un grand bonheur pour nous soit éloigné, car jamais nous n'aurions pu ier à lui , et, plus il est leste et adroit , plus ivions sujet de le craindre et de nous attendre que mauvais office de sa part (1). » Rouillé, listredes Affaires étrangères, privé de la force istance que lui donnait l'appui secret de d'Ar- 1, Rouillé, que les dépêches autrichiennes )nt comme un homme « incapable d'un plan d et conduit par des impressions momenta- , ne faisait plus que taquiner la favorite par termoiements et des mesures dilatoires (2). Séverin , le signataire du traité d'Aix-la-Cha- )t qui n'avait pu consentir à abandonner la po- ) qui lui avait donné un nom , une célébrité ,

ria-Theresia, 1756-1758, par d'Arneth. Wien, 1875, Note 182. i. Note 568.

était écarté des affaires par une maladie qui allait remporter au commencement du mois de mars. Puisieux, seul et abandonné depuis la maladie de son ami, « de sa Minerve » (1), Puisieux» honni par tous pour avoir été le second de Saint-Séverin dans la politique dont madame de Pompadour ne voulail plus à rheure présente , avait été obligé de de* mander sa retraite depuis près de six mois. Enln Bemis, dont Kaunitz réclamait Tentréô au conseQ en ces termes : (( Je désire sincèrement et beaucoup apprendre bientôt que le Roi ait honoré H. le comte de Bemis d'une place au Ck)nseil. Il faut à la France et à ses alliés un grand homme dans les affaires et M. Bemis me parait avoir cette qualité » (2), Bernis était appelé le 2 février 1757 au

Conseil en qualité de ministre d'État (3}.

Maîtresse absolue du ministère» madame de Pompadour donnait satisfaction à tontes les exigences de la cour d'Autriche : elle pressait la ratiBcation du traité du 1" mai, elle cédait sur toutes les concessions qui étaient demandées à la France, elle renvoyait au mois de juillet 1757 du ministère des Affaires étrangères, pour y faire entrer Bemis, RouOU

(1) Mémoires de d'Argenson^ édition Janet, t. IV.

(2) Maria-Theresia, 1748-1756, par d'Ameth. Wien, 1870. Note 891

(3) Une marque de faveur donnée par Louis XY à Bemis qpi tù^ presque un étonnement à la cour, c'est Thonneur que Tabbé tinUM dîner à Choisy au mois d'avril avec Louis XV. Les eedésiastiqiietB'^ talent pas admis à manger avec le Roi^ Pour tronver larace d*iiBspsiflB> distinction, il fallait remonter jusqu'à Tabbé de Qrancey, st «seM l'abbé prenait-il place à la table de Louis XIY seolement Itnfl^ suivait le Roi à la guerre.

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