‹ Madame de PompadourChapitre 114 sur 205 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

que les dépèches de Starbemberg accusaient de mauvaise volonté. Enfin elle obtenait de Louis XV, au lieu du subside de vingt-quatre mille hommes, l'envoi au-delà du Rhin de trois armées dont celle coaimandée par le maréchal d'Estrées comptait cent mille hommes : toutes amabilités et prévenances et bons offices qui valaient à la favorite cette lettre de Kaunitz en date du 14 juin 1757 :

« Le comte de Starbemberg m'a informé , Madame , du plaisir et de la satisfaction à l'occasion de ce que le Roi vient de faire en dernier lieu pour seconder plus puissamment l'Impératrice et la cause commune. 11 nous a informé de même jusques ici de rintérêt que vous aviez témoigné prendre dans toutes les occasions à ce qui nous regarde. Leurs Majestés y ont été toujours sensibles, et Elles le sont à tel point sur cette marque récente d'affection que vous venez de leur donner , qu'elles me chargent de vous en témoigner leur reconnoissance qui, bien loin d'être dominée par la persuasion dans laquelle Elles sont que vos sentimens ne sont déterminés que par ceux que veut bien avoir pour Elle le Roi, en seroit même augmentée par la considération ((u'Elles ne le doivent qu'à votre inviolable attachement pour la personne sacrée de ce Prince respectable. Notre courrier est porteur de la ratification de ce grand et fameux traité qui est son ouvrage et sera illustre dans tous les siècles à venir. Il ne s'agit plus que de presser son exécution pour se soustraire par ce moyen aux hasards des événe-

t§t MADAMB jyn POMPADOUB.

mens et faire cesser plus t6t que plus tard les finis immenses et les malheurs inséparables do flëaa de la guerre. Le Roi trouvera llmpérairice toujours disposée et prête à concourir avec Lui à toutes les mesures nécessaires pour cet effet» et Elle compte qu'il est dans les mêmes dispositions et ne doute pas qu'il ne soit d'avis avec Elle que c'est de tontes la meilleure pour ne pas dire la seule façon de lecueillir promptement et sûrement les fruits de son ouvrage . À mes vœux j'ajouterai certainement tout ce que pourront valoir mes foibles soins. Je me flatte que vous en userez de même ; je n'en doute pas même par l'élévation que je vous connois dans l'ftine et par le vif intérêt que je sais que vous prenex aie gloire du Roi et au bonheur de la France. Faitesr moi la grâce de vous rappeler quelquefois ma vénération et mon respectueux attachement pour vous et croyez que je serai toute ma vie (i). »

Enfin c'est un véritable engouement chei la hvh rite pour cette souveraine si habile à caresser pir la plume de ses ambassadeurs et de ses ministres l'amour de la postérité de cette bourgeoise. Et Sttfhemberg mande à Kaunitz dans ce même mois ds juin : « Je ne suis revenu de Versailles qu'à .deni heures après minuit, ayant été retenu à souper chez madame de Pompadour, où l'on a bu de Ues bon cœur à la santé de S. M. l'Impératrice (!)• «

Le maréchal d'Estrées avait été choisi par Louis V

(1) Maria-Theresia, 1756-1758, par d'Ameth. Note «5A.

(2) Ibid, Note 307.

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