‹ Madame de PompadourChapitre 118 sur 205 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

tombé de bonne foi et sans bonne volonté. Mais il ne restait plus rien à faire qu'à couvrir et autoriser le commandant de l'armée française, dans la crainte qu'en le désavouant on ne fournît aux ennemis le prétexte de violer la convention à la première occasion favorable. Bernis dépêcha donc sur-leehamp à Richelieu les pouvoirs de ratifier, en lui recommandant de prendre toutes les précautions nécessaires pour faire exécuter un traité qui aurait dû être une capitulation militaire et qui était , grâce isa sottise, une convention politique dont l'exécution dépendait de la loyauté des Anglais appelés à la ratifier.

Mais cette déplorable convention de Gloster-Seven allait être suivie de f^^utes encore plus graves de Richelieu , d'accommodements plus condamnables , de négociations avec le roi de Prusse donnant plus de prise aux soupçons d'une inaction qui a contre elle toutes les apparences d'une trahison (1).

Chassé de Prague, battu à Gosternitz par le général autrichien Daun, impuissant à tenir la campagne, pressé par les Russes qui pénétraient dans la Prusse ducale, menacé par le général Haddick qui poussait

ri^r les vices de la convention et pour remédier aux suites funestes qo*eUe pourrait avoir, s'en remettant pour parvenir à ses fins à 8& prudence et à son expérience. La manière dont Sa Majesté Finstruisait était pleine d'éloge, de modération et de douceur. Le maréchal, qui croyait avoir fait un chef-d'œuvre, ne vit dans ces réflexions qu'une improbation de sa conduite... » {Mémoires inédits du cardinal de Bernis.) (1) Traître et voleur : c'est le caractère du duc de Richelieu, appelé par ses soldats le Père la Maraude. Des vols et des pillages et peut-être 4» Targent de sa trahison, il bâtit plus tard sur le boulevard le Pavillon de Kanovre.

MADAME DK POMPADODR

jusqu*à Berlin et y levait des contributions de guerre, Frédéric (1) faisait représenter à Richelieo, par un émissaire habile, qu*il ruinait Tœuvre du Cardinal son oncle pour fortifier l'ennemi naturel de si patrie. Il lui faisait rappeler les beaux jours du commencement du règne de Louis XY, lorsque, partageant tous deux la confiance de madame de (Mteas* roux , ils dirigeaient la politique et les armées de la France contre rAutriche. L'émissaire de Frédéric représentait encore à Richelieu que le règne de la femme qui avait dérangé Tancien système de la diplomatie française ne pouvait être de longoe durée; « qu'en cas de mort», le Dauphin reprendrait l'ancienne politique; qu'en cas de disgrâce, une nouvelle maîtresse se hâterait d'y revenir. On disait à Richelieu que le temps avait passé sur les charmes de madame de Pompadour ; on lui faisait entrevoir que la place était toute prête pour une autre. On lui demandait si le vainqueur de Mahon

(l) C'était le temps où Frédéric, ne voyant guère « plus d*aHk|aB lui que dans les bras de la mort », avait la pensée d^acheter madama^ Pompadour. Dans une lettre adressée à sa sœur, la mai^raTe de Bir reuth, et donnée par d'Ârneth dans son Histoire de Mariê'Tkdiè»,^ disait <( qu*on pourrait ofiftir jusqu'à 500,000 écus k la favorite povl^ paix et pousser les offres beaucoup au delà, si en même Umfê iBi pouvait s'engager à nous procurer quelques avantages ». Dansd^aitni lettres, il annonçait son intention de payer la paix par la jiiiaupMri do Neufchâtel donnée en souveraineté à la marquise. Cette prindfpl^ où Soulavie affirme que madame de Pompadour avait l'InteatioB fc chercher un refuge contre les haines de la famille royale, au cii^l* mort do Louis XV, fut, au dire do madame d*Epini^, l^oljet d^M i^ gociation conduite par son beau-frère, 1^ live de Jnll|y. Mab i> n'avons aucun rensoigncmcut positif sur la nature de la n^goâailîol' même sur l'année où elle fut entamée*

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