CHAPITRE TREIZIÈME 2d
4ries injures pourrait s'attribuer Thonneur de l'avoir effrayée ou convertie I Sur ce terrain , le ministre et ]a favorite ne pouvaient s'entendre. Bernis raisonnait «or le présent , les éventualités présumables et menaçantes : il avait raison comme le bon sens d'un lomme. Madame de Pompadour raisonnait sur des possibilités heureuses, un retour des chances du sort, la révélation d'un général : elle avait raison comme l'imagination d'une femme. Aussi, contre les représentations de Bernis, ne faisait-elle qu'irriter chez le Roi la blessure de Rosbach, et se récrier auprès de lui sur la honte de signer la paix après one défaite et d'abandonner Marie-Thérèse avant qu'elle eût repris la Silésie.
• La passion que les femmes mettent dans la protection animait encore madame de Pompadour pour ta continuation de la lutte. Désolée de l'affront de Soubise, elle voulait donner l'occasion d'une revanche au maréchal , bafoué par les chansons et les épigrammes , par Paris , par Versailles , par les badauds aussi bien que par les grandes familles qui jetaient à la favorite le cri du sang des leurs versé dans une « soubisade ». Jamais bataille perdue ne valut au vaincu tant d'insultes» une telle popularité de ridicule , et cependant c'est le devoir de Thistorien, dont la justice n'est pas vendue au succès, de reconnaître que Soubise ne méritait point de si cruelles risées. Sa seule faute à Rosbach fut une faute,' grande, il est vrai, mais excusable ; il fut malheureux. Cette bataille qu'il perdit, il n'avait point
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voulu la donner après un examen fait de la pc de Tennemi. Soumis au prince d'Hilburgha commandant l'armée des Cercles, qui paraît été acheté par Frédéric, Soubise combattait d conseil de guerre sa résolution d'attaquer, e puyait de Tavis du comte de Mailly ; il demai difl'ércr jusqu'au lendemain pour avoir le ter tracer son plan de bataille. Il envoyait mêm de ses aides de camp pour ordonner à Farn rester dans ses positions. Mais le prince d'H hausen mettait son armée en mouvement, traînait ainsi Soubise, forcé de le suivre, et d'à pressé de donner la bataille par une dépê« Stainville arrivée de Vienne au dernier m« Ajoutons encore, pour la défense du maréch< dans cette bataille, qui fut presque au premi( une déroute, Soubise avait pris la seule disp qui pouvait faire échouer le plan du roi de Pru Ces excuses de Soubise , reconnues par un é qui lui est fort hostile, la vengeance qu'il ti tard de Rosbach aux brillants combats de Su hausen et de Lutzelberg, peuvent excuser jusc certain point l'engouement de madame de F dourpour le général battu (2), à qui elle faisai
(1) Mémoires du maréchal duc de Richelieu, t. IX.
(2) Voici une lettro de madame de Pompadour k Pâris-Duv montre l'intérêt qu'elle prend à un « ami cher » et qui dév< l'occupation qu'elle a de ses succès : « Quoique je sois très ; nigaud, de Vamilic que M. de Soubise a pour vous et de celle qu rendez, sa position est si délicate dans ce moment, que Je ne p\ fuser de vous le recommander particulièrement. Par les mesu