CHAPITRE TREIZIÈME
ime lettre de condoléance par le Roi. Dans e comfliandement général des troupes qui était donné à Richelieu, elle ne laissait pas sacrifier son favori ; et M* fle Choiseul , tout en blâmant cette satisfaction donnée à la maîtresse, apprenait à Richelieu que la féserve de l'état-major était faite au profit du prince de Soubise. Madame de Pompadour persévérant & caresser Tidée de lui rendre un premier commandement, la guerre continuait sous la direction du eomte de Clermont, le successeur de Richelieu, dont les défaites n'étaient balancées que par la victoire de Saint-Gast, remportée le 4 septembre 1758, en Bretagne , sur les troupes de débarquement anglaises.
Les illusions de madame de Pompadour abandonnaient son ministre. Inquiet , cédant à ses timidités pessimistes, découragé, très-sensible au bruit de ropinion, aux piqûres des pamphlets, voyant, comme il récrivait, « les reins de la monarchie affaiblis », irrité de cette protection continuée à Soubise (1),
la cour de Vienne, il paroit encore possible de délivrer la Saxe cette *. Je n'entrerai pas dans le détail des avantages immenses dont seroit mtte délivrance pour le bien des affaires et pour l'acheminement de la pmix. De plus habiles que moi en causeront avec vous. Je me borne à vous pmrler des sentimens qui m'animent tant pour la gloire des armes du Hoi fMe pour celle d'un ami qui m'est cher. Les subsistances peuvent seules Jtmrréter; je vous demande donc, par toute C amitié que vous avez pour mêoi, de vous occuper vivement de cette armée. Si voits me le promettez, je m'aurai plia d'inquiétudes et je me flatterai d'un succès heureux. Vous êtes Wmuible, mon nigaud, vous me connoissez, juges si je serai reconnoissante, je ne vous en aimerai pas davantage, car il y a Ungtemps que c'est t§ a/faire faite, »
(I) n le toatenait quand méine, écrivant k Duverney : « Le Roi aime
A02 MADAME DE PoMPADOUR.
îilaiMU' dt' cette Fronde qui s'organisait en France, tnmhlé d'idées noires et allant jusqu'à craindre que madame de Pompadour ne fût déchirée par le peuple ;\ une seconde défaite de Soubise; plein de dé^oùl pour une œuvre où il était entré froidement par recniiiiaissance pour madame do Pompadour et par Ci mrtisanerie pour le Roi, gardant une conscience droite <lans une ambition sage, Bernis était travaillé et torturé par le malaise, les regrets et les remords d'un honnête homme qui croit compromettre son nnm aver h*s intérêts de sa patrie.
l)é>espéré et dégoûté , il écrivait : <c II me semble
être le ministre des affaires étrangères des Limbes
Pour moi, j'ai rué tous mes grands coups et je vais prendre le parti d'être en apoplexie comme les autres sur le sentiment.... Le principe s'éteint chez nous. »
A tout moment, il faisait part à madame de Pompadour (les ennuis qui lui remplissaient le cœur, des pressentiments qui lui envahissaient l'esprit, de ses alarmes, des impossibilités matérielles d'un plw lonj» effort, de la nécessité des économies, desréfo^ mes, de l'urgence de la paix. Mais il n'obtenait rien. '« J'excite un peu d'élévation dans le pouls, éeiivail-il, puis la léthargie recommence, on ouvre de grands yeux tristes» et tout est dit (1). »
M. (lo Souhisc, il voudroit le mettrô à portée de prendre sa ratiK^ du r> iiovtMuhrn (Rosbach). Voilà la vérité. »
(1 , Cnri'csj). ini'dito du cardinal de Demis. Revue française. JnUlet — Le rnrdhml dr licrnis, par M. Sainte-Beuve. Causeries du luiA