‹ Madame de PompadourChapitre 124 sur 205 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

Sans se lasser, il revenait toujours à la paix, que e Conseil lui avait permis de négocier (4), mais dans es négociations de laquelle il rencontrait toujours 'opposition et les traverses de la politique personlelle de madame de Pompadour.

Cependant arrivait la nouvelle du désastre de îrevelt (23 juin 1758); Bernis, en même temps, ibtenait, sur un ordre du Roi àBoulogne, communiation de Tétat des finances. Épouvanté, il allait rouver madame de Pompadour, et, puisant dans la uine de la France une énergie supérieure à son aractère, il représentait à la favorite, avec une orce et une autorité de parole qu'elle n'était point labituée à lui voir, que toutes les disgrâces présenes leur étaient imputées à tous deux et à eux seuls ; [ue le public n'était pas instruit de l'opposition [u'il avait montrée à la première proposition du raité avec la cour de Vienne , des objections qu'il vait faites , des précautions qu'il avait prises , des préalables qu'il avait exigés, qu'on lui avait promis tt qu'on n'avait pas tenus. Le public, continuait ternis, ignorait les articles secrets du traité, articles i avantageux à la France, et dont le succès était ofaillible avec d'antres généraux que les nôtres; le »ublic savait seulement que lui , comte de Bernis ,

(1) • Je crus avoir rendu un service important à TÉtat en obtenant du loi 1a permission de traiter la paix et en réussissant k y amener nos iliés, mais cette paix, pour être honorable, exigeait que la campagne • 1758 fût mieux conduite que la précédente. » {Mémoires inédits du car' inal de Bernis.)

était le signataire d'un traité aux suites si déplorables, qu*il en était regardé comme le seul auteur; que pour elle^ elle était accusée, plus justement, de ravoir suggéré , et de vouloir continuer la guerre pour donner un commandement à Soubise. Ces récriminations, ces accusations de Bemis, jetaient madame de Pompadour dans une colère qui ne se refusa pas , dit-on , la vivacité des mots. Bernis te^ minait la scène en lui déclarant que, s'il ne ponvùt déterminer le Roi à la paix, il était décidé à se retirer pour se disculper de vouloir continuer la guerre. Sur quoi, la marquise lui disait, d'un ton amer, que ce serait manquer de reconnaissance , et qu'après toutes les grâces dont il avait été comblé, il ne paraîtrait pas faire grand sacrifice à son honneur. Bernis lui répondait assez dignement que, quand on le verrait remettre ses abbayes , renoncer à la promesse du chapeau et se borner au seul prieuré delà Charité, le Roi et le public le jugeraient plus favonblement qu'elle ne pensait (1).

Après avoir ainsi averti madame de Pompadoor de sa résolution , le comte de Bernis déclarait as Conseil que le traité ne pouvait se suivre quant ao moment présent; que la bonne intelligence pouvait subsister entre les cours de France et de Vienne, mais que le coup était manqué par l'incapacité dei généraux, par la rupture de la convention de Gloster, par Tanéantissement de la marine. L'armée aprb

1) Mfhnoires secrets de Duclos,

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