‹ Madame de PompadourChapitre 127 sur 205 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

lame de Pompadour eurent beau se confondre en irotestations d'amitié , en instances de ne pas les (uitter, le cardinal se sentait dans une situation lausse ; il gênait le ministre, il gênait la favorite, il itait gêné lui-même. Au bout de quelque temps, assé et résolu à un sacrifice complet, il allait droit i eux, leur parlait de la contrainte où il les mettait, eur représentait que, ne pensant pas comme eux mr les affaires, il paraîtrait toujours les traverser m opinant au Conseil, et leur déclarait quele mieux ^lait, pour la conservation de leur amitié, de se sé- Mirer et qu'il demandât au Roi la permission de i*absenter quelques mois, en donnant pour prétexte es besoins de sa santé. On le retenait encore; mais es caresses ne parvenaient pas à l'abuser. Il comprenait le rôle qu'on voulait de lui , le besoin que *on avait de son crédit auprès du Parlement de Pais pour l'enregistrement d'un emprunt de quarante nillions qui souffrait de grandes difficultés. Il avait pratiqué de trop près madame de Pompadour pour le point la savoir implacable dans ses rancunes ; et, ans illusions, il attendait, d'un jour à l'autre, la iisgrâce.

Ce fut dans cette attente singulière qu'un jour, lans une de ces conversations indifférentes qui tTaient remplacé, entre la marquise et lui, les enretiens familiers et abandonnés d'autrefois, il lui lit : « Nous séparer, à la bonne heure, rien de plus simple et de plus facile.... Mais pourquoi un coup de mgnard? » Madame de Pompadour ne répondait

3in MADAME DE POMPADOUR.

pas (1). « Le coup de poignard, » c'est-à-dire l'exil du niinistro , entrait dans son plan comme dans son raractère.

11 lui semblait nécessaire à la satisfaction de son amour-propre, nécessaire à la sauvegarde de ses intérêts. Ne fallait-il pas engager le Roi, le lier par une lettre de cachet contre un retour pour le minL^ tro qu'il avait le plus aimé, depuis le cardinal de Fleiiry, celui pour lequel il avait eu le plus d'attachement, celui dont la discrétion lui avait inspiré le plus de confiance? Ne fallait-il pas renverser brasquement et d'un grand coup la domination queBernis avait prise sur le Roi (2), en dehors de la favorite, par la douceur et l'aménité de ses façons, ses grâces d'homme d'église, son dévouement dans des circonstances critiques, ce respect et ce sincère amour d'un courtisan de bonne foi pour la personne do son Roi, dévoilés au Roi pendant de longues années par le viol du secret de la poste ?

Cette amitié du maître qui perçait dans les difficultés qu'il faisait pour exiler Remis à son abbaye de Saint-Médard, de Soissons (3), dans l'embarras

(1) Notice sur le cardinal de Bcrnis, par Loménie de Brienne.

(2) Ce qu'il y a (le curieux, c'est que le Roi, qui voyait tons les jonn Bcrnis clicz madame de Pompadour, passa trois ans sans lui parier, « tant était frrando la timidité de ce princo vis-à-vis des peraonaM auxquelles il n'était ]ias accoutumé, surtout si ces personnes avaient la réputation de ^^i\s d'esprit ».

(3) La disgrâce de Bcrnis est du 1" novembre 1758. \\ étjût en coaft* rence avec M. de Starhemberg lorsque lui arrivait la lettre qui lerfr mcrciait do ses services. Après la lecture du billet, il revenait à !'*■• bassadeur sans qu'il parût sur son visage aucune altération et rompu*

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