‹ Madame de PompadourChapitre 128 sur 205 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

que son visage ne pouvait cacher au cardinal au souper de la veille de son départ, cette séduction du Roi, demandaient que la marquise se vengeât de sa créature par une punition qui fût un exemple.

On a dit que madame de Pompadour n'avait fait qae se défendre contre Tingratitude d'un protégé ftavaillant à la renverser. On a parlé d'un Mémoire dn cardinal où il disait que , dans l'état des affaires , il était besoin dans l'État et auprès du Roi d'un premier ministre, d'une centralisation de la volonté du Conseil, d'un pouvoir et d'une décision qui auiraient eu l'unité et l'énergie des dictatures qui sortaient Rome des grands dangers. Ce Mémoire aurait éclairé et effrayé madame de Pompadour sur

Pcntretien politique : « Ce n'est plus avec moi, disait-il d'un air riant, une vous devez vous expliquer sur ces grands sujets ; voilà que je reçms mon congé. « Et soutenant quelques moments une conversation iadifferente avec l'ambassadeur autrichien, il se retira le laissant étonné de son calme. Bernis, qui dit, dans ses Mémoires inédits ^ qu'il fut exilé en décembre 1758 seulement, attribue la précipitation de sa disgrâce à rnnnonce faite par les ambassadeurs de sa future élévation au poste de premier ministre, lors de sa déclaration comme cardinal : « Leurs lettres ayant été interceptées à la poste, madame de Pompadour , qui ne pouvait plus me souffrir, persuada sans doute facilement au Roi que je tnl forcerais la main s'il ne m'exilait dans une de mes abbayes. Il est à remarquer que le jour que le courrier de Rome arriva fut le même où le Roi me permit, par une lettre pleine de bonté, de quitter les Affaires étrangères. » Barbier dit qu'il n'y eut pas de lettre de cachet, le Roi bd écrivit de sa propre main : cela s'appelle une lettre d'ordre. La Ga- Mette de France annonçait dans ces termes la démission : « La santé dn cardinal de Bernis, dérangée depuis longtemps, ne lui permet plus de continuer les fonctions pénibles du département des Affaires étrangères; le Roi agrée sa démission et a nommé à sa place le duc de Choiseul, ambassadeur à Vienne. Le Roi conserve au cardinal de Bernis sa place dans les conseils, et l'intention de Sa Majesté est que le eardinal assiste dans le plus grand concert avec le duc de Choiseul poor tout ce qui aura rapport aux affaires étrangèresé «

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los anil)itions du cardinal, et elle aurait fait sonner à rorriile du Roi le mot dictaleu?' comme une meuarc ^1). Mais cette version est-elle la vérité? En admettant môme le Mémoire, et cette proposition <run ministre dirigeant, dont le rôle de fermeté el de décision était réservé dans les projets de Bemis îiu maréchal de Belle-Isle (4), les intentions du ministre étaient-elles tournées contre sa bienfaitrice?

(1; Le rontt'ur, ii« 5. 1781.

i'i l'n passage des Mt'moires inédits du cardinal de Bernis que va jmlilijT M. Frinléric Masson ne laisse, à cet égard, aucun doute : iCest dans ('««s cirronstances qne j'écrivis au Roi pour lui faire sentir comlii<'n il était nécessaire et instant ou de décider par lui-même oo de donner à nn ministre capable Tautorité nécessaire pour faire aller U machine du dedans et du dehors. Je proposai le maréchal de Belle-Ide à cause de son expérience ou tel autre qne Sa Majesté voudrait choisir .récrivis en mémo temps à madame de Pompadour une lettre

plus l'oite et plus détaillée, en la priant de remettre au Roi celle dont j(i viens lie parler qui était toute ouverte afin qu'elle pût en prendre connaissance, .l'envoyai ce paquet k la marquise et je fus quelques lieurcs après ])our savoir si elle avait remis ma lettre au Roi et ce qne h' Iv'jj avait p<Misé ; je la trouvai froide et aigre : elle me dit qu'elle n'avait point remis ina lettre à Sa Majesté, parce qu elle était sûre (juellf lui déi.lairait. Je combattis ses raisons pendant quelque temps; mais, voyant qu'elle persistait à penser que cette lettre au lieu deproduirt; un ))on oircît en produirait un mauvais, je la priai de me la rendre, je. la iléchirai devant elle et je la brûlai. J'aurais craint de l'of* fensor et do lui montrer une défiance injuste et déplacée, si je lui avais diMuandé on même temps la lettre que je lui avais écrite à elle-même. D'ailleurs, ayant déchiré celle qui était destinée pour le Roi, l'autre ne si^rniriait plus rien, puisqu'elle n'était que la préface de la première. J'étais lucn éloi<rné do penser que madame de Pompadour pût se serrir de la lettre que je lui avais laissée pour persuader au public que j'avais présenté un mémoire au Roi, par lequel je demandais à être déclaré premier ministre.

« Aprè^ ma disgrâce, elle répandit ce bruit ridicule, mais qui prit faveur en Franco et dans les pays étrangers : elle détacha pour cela quehiuos phrases de la lettre qu'elle avait gardée, qu'elle doncaii comme des frairmonts du prétendu mémoire envoyé au Roi...Iln'7* (jUèrc d'exemple d'une pareille noirceur n

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