‹ Madame de PompadourChapitre 13 sur 205 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

donnément amoureux (1), qui, déjà la soupçon t, pouvait se porter à quelque extrémité dans la nière fureur du ressentiment, de la douleur, a honte. Elle peignait au Roi d'une façon draique les colères homicides qui Tattendaient au 5.... Elle jouait enfin si bien la comédie d'une me effrayée que ses terreurs touchaient le Roi lui permettait de se cacher dans l'ancien ap- €ment de madame de Mailly. Là, en ce coin Versailles d'où il n'était plus possible de la déjuer, maître du Roi qu'elle tenait tout le jour $ son amour et ses caresses, la femme de l'Étiolés obtenait successivement la promesse de dignement de son mari (2), la promesse d'une rectioQ contre la cabale du Dauphin, la prose d'une terre. Et le 6 mai, quand Louis XV ^t pour l'armée, elle emportait l'assurance

« J^appris hier, dit le duc de Luynes , à la date du 28 avril , f. d'Étiolés qui vient d'arriver de province et qui avoit, en arricompté trouver sa femme qu'il aime fort, a été fort étonné quand ^normant, fermier général, son parent et son ami, lui est venu [ju'il ne comptât plus sur sa femme, qu'elle avoit un goût si vioju elle n'avoit pu lui résister, et, que pour lui, il n'avoit d'autre

à prendre que de songer à s'en séparer. M. d'Etiolés tomba )ui à cette nouvelle. » On était obligé de faire disparaître les ! qui étaient à sa portée de peur qu'il ne se tuut. II parlait d'aller hcr sa femme entre les bras du Roi. Enrtn il se décidait à lui

porter une lettre suppliante par M. de Tournehem, lettre que me de Pompadour lisait sans émotion et passait au Roi pour scr du ridicule d'une grande douleur. Louis XV ne pouvait »écher de dire à la dame : « Vous avez, madame, un mari bien Ite. »

On Fexilait, en effet, de Paris. Associé de M. de Tournehem, il

chargé de faire en Provence la tournée des fermiers générauX| tombait même assez sérieusement malade à Avignon*

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qu'elle serait installée et reconnue maîtresse déclarée, au retour du Roi des Flandres.

En attendant ce retour et pendant qu'on remaniait pour elle à Versailles Tappartement de la duchesse de Châteauroux, la future marquise de Pompadour (1) s'était retirée à Étioles où Voltaire lui adressait ces vers le lendemain de la bataille de Fontenoy :

Quand Louis, ce héros charmant Dont tout Paris fait son idole, Gagne quelque combat brillant, On doit en faire compliment A la divine d*Etiolle.

Madame d'Étiolés s'était refusée à suivre le Roi pendant la campagne, échappant ainsi aux criailleries soulevées contre mesdemoiselles de Nesle, et au fond comptant sur l'absence pour attiser le tout neuf amour du Roi. Elle vivait dans une espèce de retraite, Texistence comme entièrement remplie par la lecture des lettres qu'elle recevait de Loui« XV. Au commencement de juillet l'heureuse maîtresse montrait avec orgueil à ses amis plus de quatre-vingts lettres cachetées avec une devise galante, autour de laquelle était écrit ; « Disa^et et ficible [^)>K Et vraiment l'on comprend que le Roi écri-

(1) La maison de Pompadour, originaire du Limousin, n'avait plus pour la représenter, au commencement du siècle, qu'un abbé qui, au dire de Dangeau, faisait lire son bréviaire par son laquais et s'en croyait quitte.

(2) Mémoires du duc de Liiynes, t. VII.

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