‹ Madame de PompadourChapitre 150 sur 205 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

Je vous avoue, Monseigneur, que la lettre dont vous honorés me confond. Le maréchal de Bellîsle n'a nais désiré autfe chose que de vous voir combattre et isser les ennemis. Ses lettres ont toutes été lues au iseil parce qu'il trouvoit l'ordre de combattre trop ntif pour vous l'envoyer sans que le Roi l'ait donné -même. D'après les faits dont j'ai connaissance, je ntends plus rien à ce que vous me faites l'honneur de mander. Le roi désire que vous chassies les ennemis, f« en même temps Sa Majesté ne peut rien faire de mx que de s'en rapporter à votre prudence. Voilà, mseigneur, l'état exact des choses. Quoique la fièvre nt manqué , j'ai encore de grands maux de tête : ils me font pas oublier mon inviolable attachement.

Mercredi au soir, 28 juin 1758.

Qui sont les plats officie7*s, Monseigneur, qui ont tré vos t7'oupes et ont fait d'une action {qui devoit être plus belle) la plus malheureuse du monde? Ma consoion est dam le bon ton de l'armée. Il me fait espérer e vous prend?*ez votre revanche de façon à faire ressoulir longtemps vos ennemis d'avoir osé attaquer des ançois commandés par un petit-fils du grand Condé. vous rends mille grâces des détails que vous voulez n m' envoyer. Je pleure sur de Gisors (1) et son

) Le comte de Gisors, tué à la bataille de Crevelt (23 juin 1758). st madame de Pompadour qui engagea le Roi à aller rendre visite }n père le maréchal de Belle-Isle ; et comme Louis XV hésitait, elle lécida, dit-on, par la citation de ces vers :

Barbare dont l'orgueil Croit le sang d'un sujet trop payé d'un coup d'œill

:no MAD.VMK DE POMPADOUR.

}nnlhpureu.c pè?'e t/ui mourra sûi^ernent bientôt mal^n l'iiirrtnjnhJn rourtrf/e dont il est devant le monde. Ma stiNff' est fort nltêréey et je n'aide fo?'ce que pour assurer Mofisi'ifjtieitr de mon tendre attachement.

St'jtfemf/re 1762.

// est trhs-vraiy Monseifjneur, que M, de BoisgeUUf ndond dt's 7'é(jfmens anciennement la Tour du Ptn, cirnt d'aji'iver avec V agréable nouvelle que le 30, rnvant-(jarde de J/. le prince de Condé commandée far M. di' Lé ris y réunie à celle de M. de Stainville, ensuite 7\m forcée par le 7'é(/iment de Boisgelin, les dragons elles gendarmes daifpiiius que M. de Soubise a amenés, ont battu complètement M. leimnce héi^éditaire et Lukner{\), \ous avons pris 11 pièces de gros canons, 2 étendards, l,t?0(J liommes. Le nombre aurait été plus considérable si le prince Ferdinand qui n'étoit pas loin de son neveu nnvoit foudroyé par son canon nos dj^agons que M. le ma?'échal d'Est7*ées a voit envoyés à la poui^suite. Ils ont poursuivi à une lieue et demie du combat. Le régiment et le colonel de Boisgelin ont fait des miracles. Le Roi ta fait brigadier sur-le-champ. Le re^te des troupes qui ont combattu ont aussi fait des merveilles. M, le prince de Condé s'y est conduit comme à son ordinaire, c'est-àdi?r. en perfection, et M. le prince héi^éditaire devroit être dégoûté d'attaquer M. le prince de Condé, Aussi sa perte est -elle Irès-considéi^able par l'acharnement avec lequel il s'est battu. Je vous demande, Motiseigneur,

(1) Victoire de Johaunisberg remportée le 30 août 1762.

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