CHAPITRE QUINZIÈME
C f indulgence pour ce bulletin. Je ne suis pas accou- ^^e aux détails militaires et mon zèle pour ce qui vous ^téressc a été mon seul guide. MM, de Choiseul, La inume , de Schombergy de Wormser, sont blesses égèrement de coups de sabre. Notice pef*te n'est pas hrt considérable; elle est tombée principalement sur ? régiment de Boisgelin seul d'infanterie. Monseigneur md justice à mon sincère attachement et à mon profond fspect.
A la suite de ces lettres adressées au comte de lermoQt , nous donnons une lettre de madame de ompadour adressée au prince de Condé, tirée égament des archives du Ministère de la guerre :
3 octobre 1762.
La lettre de confiance du 28 septembre dont vous ^honorés, Monseigneur (1), ne me laisse pas hésiter sur façon dont je dois y répondre y et je c?*oirois y manier si je ne vous parlois point avec la véinté inséparae de mon caractère. M. de Boisgelin vint chez moi à hoisy. Je le priai de me détailler sur la carte l'action tireuse qui s'éloit passée le 30. // m'expliqua ti^ès-claiment, et devant tout ce qui étoit dans ma chambre, les fféi*entes charges qui s'étoient faites, les momens et i lieux, et me dit en détail ce que je vais répéter en ef. M. de Levis avoit été porté en avant et s'étoit et- bien battu, malgré la supério7*ité des ennemis, que
\l) Cest une réponse au prince se plaignant amèrement de ce que ; gazettes raccusatent d'avoir pris pour lui tout Thonneur de la taille de Johannisberg.
M. de Stainville avec qui Jf. de Soubise était arrieé heureusement assés tôt avait fait detix charges tmutiles, que lui Boisgelin avait eu ordre d'arriver aimi que votre réserve, que sa brigade était arrivée seuk parce qu elle avoit toujours cauru, que, se voyant débordé par le grand 7îombre d'ennemis, il avait envoyé demander du secours, que M, de Soubise bu avoit amené des dragons et les gendarmes dauphins sans lesquels il éUA forcé d'abandonner le poste. Diaprés ce récit faitdevaîd tout le monde, j'ai jugé que les troupes de votre réuTH avoient été commandées par les généraux, et que tù» partageaient la gloire de cette journée. J'ai écrit deux lettres f pareilles, des faits simplement, monseigneur k comte de Cla^mont pourra vous en montrer une, et vm y vendez la venté de ce que j'ai l'honneur de vous nw»de7\ Je n'ai jamais imaginé qu'il pût y avoù* la moindn t7*acasse}ne, et ce n'est qu'en revenant de Choisy à Para que l'abbé du Cer (siV) et autres avoient distribué i» bulletins ou il n était pas plus question des maréchoDtt que s'ils n avoient jamais existé. De retour ici onmiii qu'il y avoit de g7'andes plaintes sur ces bulletins, Jt n'en ai vu aucuns. Je ne sais dans aucun temps ce qui u met dans la gazette^ parce que je ne tai lue de ma tk* Je me suis tenue dans le silence par respect pour vous et par amitié pour M. de Soubise. Voilà quelle a étém^ conduite. Quant à ma façon de penser, elle M P^ changer. Il est ceiHain que les troupes commandées pof vous, Monseigneur, ont fait des merveilks, et eeh M peut êt7'e aut7'ement en suivant votre exemple. Ilti^ tout aussi sûr que M. de Stainville^ les A'agons et b
irmes dauphins amenés par M, de Soubise ont été tiles. J'en reviens donc à la vérité, cest que la )e et une partie de l'armée ont bien seim dans cette ée. Je ne puis donc concevoir par quelle fatalité a/faire a causé une tracasserie. J'en suis trèséepar l'attachement que j'ai pour vous, Monseigneur, n amitié pour M, de Soubise. Vous rendes justice probité. Il est votre beau-père , ainsi je ne puis î que les gens qui n'ont d'autre occupation que celle ire du mal, parviennent à vous brouiller. Je Vesph'e désire bien vivement. J'ignore, Monseigneur, si je plais en vous disant ce que je pense , mais vous me î ordonné et je vous jure que cette lettre n'est dictée \ar la véfité et mon fidèle attachement pour vous. us demande pardon. Monseigneur, de mon griffonmais mon œil est si fatigué qu'il me seroit imposde recommencer et je ne puis confier à personne ce ^ai r honneur de vous mander.
lis, quittant là plume, madame de Pompadour chait le délassement dans la lecture. Elle applit son esprit ou laissait aller sa pensée à queln des livres de cette bibliothèque (1) qui
Catalogue des livres de la bibliothèque de feue madame la marde Pompadour, dame du palais de la reine, 1765. — Le produit vente des 3,561 numéros de la bibliothèque monta à 41,940 liv. , — Un des articles les plus curieux» était le n*> 32 : un Olfice de fUe Vierge pour tous les jours de la Semaine. Paris, Imprimerie , 1757, 2 vo'. m*I2 contenant huit dessins de Boucher et relié en ain bleu aY( c des fermoirs d'or.
Mademoiselle de Romans umée par le Roi. — Madame de Poopadoiir allant voir la mère et l'enfant au Boia de Boologne. — Le rétiuii6 à» la situation fait par la marécahale de Mirepoiz. — La profonde tristesse de la favorite dans le triomphe et raffermissement. — Sa nston réfléchissante. — Sa souffrance de ne plus se sentir aimée par le Roi. — Son refroidissement avec Choiseul. — Son désespoir d'être oostrainte à renoncer à toute gloire, — Madame de Pompadonr miilsâe et mourante de chagrin.
En ces dernières années de la vie de madame de Pompadour, en ces années où elle apparaît comme la vraie reine de France , la favorite dont le règne n'a rien du tranquille et facile règne de la du Barry a encore à craindre, à lutter, à se défendre (1). Q ne s'agissait plus cette fois d'une aventure du Parc aux Cerfs, d'un de ces caprices de passage qui avaient jusque-lai laissé la favorite sans ombrage et le cœur du Roi sans émotion. Le nouvel attachement du Roi ressemblait à de Tamour. La femme
(1) Je renonce à donner, d'après d'Argenson, la liste et les nom ^ toutes les femmes de la cour et de la ville mises en avant pour rtfH placer madame do Pompadour qu'on sait n'être plus aimé« et ^ toar b. tour donnaient quelques jours des inquiétudes à la favorite.