CHAPITRE SEIZIEME
pendant, dans cette délivrance, au milieu de ours sans alarmes , quand le règne de la favosemblait définitivement assuré et que tous les eurs semblaient lui sourire, une tristesse plus nde et plus sombre que l'ennui des derniers
de madame de Maintenon remplissait son e et son âme, la solitude de son cœur, et le d de ses grands yeux mourants, dame de Pompadour n'est point, en effet, la j de trumeau et d'opéra-comique qu'une cer-
histoire a accréditée; c'est une figure trèsise, ivhs-7*€ fléchissante y même un peu triste, une désenchantée qui, dans les premières années
faveur, écrit à son frère:
is j'avance en âge, mon cher frhe, et plus mes nons sont philosophiques. Je suis bien sin^e que vous "es de même. Excepté le bonheu?* d'êtj^e avec le et qui assurément me console de tout, le 7*este n'est
tissu de méchancetés, de platitudes, enfin de ton-
misères dont les pauvres humains sont capables.
matière à réflexions surtout pour quelqu'un né réfléchissante que je le suis, B écrit une autre fois :
"tout où il y a des humains, mon cher frère , vous werez de la fausseté et tous les vices dont ils sont les. Vivre seul ser oit par trop ennuyeux, ainsi il n'en les souffrir avec leu7*s défauts et avoir l'air de j les voir.
sent en tout temps chez la femme une blessure vie, et, à mesure qu'elle se perpétue sur le théâ-
tre de la cour, qu'elle est en butte à la trahison do sa cousine d'Estrades, à la défection de son ministre Machault (1), dans tout ce qu'elle dit, dans tout ce qu'elle jette sur le papier, on trouve des paroles, des phrases qui ressemblent à des cris de souffrance.
Et aujourd'hui comme toujours la vie de la favorite a ses empoisonnements secrets.
Madame de Pompadour comprenait avec son tacl de femme que le Roi ne l'aimait plus, qu'il ne continuait à la garder que par une sorte de charité, par la crainte d'une résolution énergique s'il la quittait, d'un coup de désespoir, d'un suicide. Et elle pénétrait si bien les secrets sentiments de
(1) Un passage des Mémoires inédits de Demis nous fait toucher rèitf (le rame de la favorite qui va un moment jusqu'à ridée â*une retrait»
d« la cour :
« Je trouvai (17Ô5\ ou arrivant de Venise, madame de Pompadour danf une situation bion diirôrentu de celle où je Tavais laissée : ce n'éuit plus cotte fennno environnée de tous les talents aimables, qui gouve^ nnit la France du soin d<»a plaisirs. Le Roi n'avait plus de passion pour ollo depuis plusi(!urs années, il no lui restait ijuo do raroitié, deltcoB* liance et ce lien d'habitude qui, chez les princes, est le plus fort da tous. Madame de Pompadour avait best)in de consolations, elle me vit arriver avrc la plus grandie joie. J'étais son ami éprouvé... Elle d« tarda pas à m'ouvrir son cœur et m'en découvrir toutes les blesinres. Kilo me mit au fait de rintri}i:ue du Roi avec madame de Choiseul qui. un an aiiparavant. était morte on couches; elle m'apprit que madanie ù'INtrade^. consoilléo par d'Argi-nson, avait conduit toute cette inlriâw avoo la plus indi^rno inj^-ratitude...
i Je trouvai maiiamc do Pompadour fort dégoûtée de la cour. Ellemt n.nntra la c^pio (!«•> lcttn>s (pfello avait écrites au Roi jiour obtenir la p<M iiii.s>ii>n do se rotiror. »'11<' no nio lit i>as n(»n plus niyst'Te df celles <;'i*'lli' lui <>iiivaif sur les :idair<vs. Los proniioros mo persuadcn*nt s<"!l>MiM'nt (pridli' avait '!'• riiuiiM'ur ot *\\i dégoût, mais je u*y vis pa* la i''M-iM<* r«'^<>l!iiiun d'' (piiit^r lo m>»ndo. b.-s st'Ci>nilos au contraire iu« paruront U'Imirablos. »