‹ Madame de PompadourChapitre 156 sur 205 · CHAPITRE DIX'SEPTIËHK. 30S · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX'SEPTIËHK. 30S

quisitions de tout genre , la favorite avait débien au-delà de ses revenus et des bénéfices place. A tout moment, elle était obligée de ir aux expédients , sans que rien la corrigeât érir et de travailler à posséder davantage. La n que le Roi lui faisait en 1746 , cette pension 000 livres par mois, que le Roi comptait à aux premiers moments de la passion , dans lérosités dont il comblait sa maîtresse , se réait avec l'habitude de la liaison et ne dépass 4,000 livres par mois. D'un autre côté , les es du Roi, qui montaient en 1747 à 50,000 lilescendaient bientôt à 20,000 ; et^ dès 1750, essaient entièrement. Comment arriver à une e, surtout dans les mauvaises années de la de Sept ans, en 1760, par exemple, où sa n était tombée à 3,000 livres par mois, et où hetait encore Ménars? Madame de Pompadsait face au plus pressé avec toutes sortes sources et de sacrifices , tantôt par des gains qui s'élevaient en 1752 à près de 38,000 lim 1753 à 20,000 livres; tantôt, en cas de ise chance, par des ventes de tabatières, des de bijoux , des ventes de bracelets de pertes;

^e n'en ai jamais rien désiré et je défie la fortune de me rendre se : la sensibilité seule de mon âme peut en venir à bout, rai au consolation que le public fait cette réflexion et me rend justice; façon de penser vous devez juger si fai envie de commencer à Il vous reste toujours la ressource de ce qu'il y a de fonds à moi mains de M. Moutmartel; cela n'est pas considérable actuelle» te que j'ai presque tout prêté pour l'École militaire ... •

OU bien encore par un peu d'argent , un cadeau de 0,000 livres, par exemple, qu'elle tirait du Roi pour son courage à se laisser saigner. Ce défaut d'équilibre entre les recettes et les dépenses, la gône au milieu de cette opulence qui amassait les duttes , arrivait à ce point que GoUin était obligé d'emprunter 70,000 livres au moment où madame de Pompadour tombait malade. Qui eût pensé que la favorite ne devait à sa mort laisser d'argent que trente-sept louis d'or dans sa table à écrire (l)î

Au bout de peu de jours, la toux de la malade augmentait. Le lit l'étouffait. Les médecins ne cachaient pas leurs inquiétudes. Le Roi venait voir la malade presque tous les jours; et, les jours où il était retenu à Versailles, des courriers lui appo^ talent d'heure en heure les nouvelles de Choisy qu'envoyaient chercher de leur côté les membres de la famille royale.

La marquise ne tardait pas à être condamnée; et il ne semblait plus rester d'espérance, quand, au bout de trois semaines, il arrivait un mieux soudain. La fièvre diminuait, la toux cessait presque; et, un matin, les amis de madame de Pompadour se disaient la bonne nouvelle : elle avait pu dormir cinq heures dans un fauteuil, et elle se trouvait si

(1) Itcleod fies dépenses de madame de Pompadour depuis la aiuic'e de sa faveur jusqu'à sa mort, par J.-A. Le Roi. VersaillM, llwrtl'

lant-Bouglcux.

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l'elle (levait essayer de dormir dans son lit

!8 quelques reprises de fièvre, la marquise t se lever, puis bientôt aller se promener

ture aux environs de Ghoisy. Les médecins imes fixaient déjà le jour de son retour à les. C'était une résurrection (2). Gochin re- Tordre de- dessiner,, pour la convalescence larquise , un cartel dans lequel Favart prejà la mesure de sa chanson sur Téclipse du

Le soleil est malade, Et Pompadour aussi.

Ce n'est qu'une passade.

L'un et l'autre est guéri.

Le bon Dieu qui féconde Nos vœux et notre amour Pour le bonheur du monde Nous a rendu le jour

Avec Pompadour. Votum populi, laus ejus.

estampe et chanson devaient arriver trop S). La marquise, transportée à Versail-

''espoiidatice inédite de madame du De/fand , publiée par le marainte-Aulaire. Paris, Michel Lévy, 1859.

) propo8, la duchesse de Choiseul écrivait: u Madame de Pomtt enfin hors d'adaircs. Je na^e dans la joie. » ossède cette estampe rare qui représente, sous le soleil voilé, ( de la Peinture, de la Musique suppliantes pendant que la arrête la Parque au moincut où elle va couper le fil de la vie (jr.i.se. Jonibert, dans le CataUxjnc de l'Œuvre de CharleS'Nicoi fils, 1710, ditù propos de cette gravure : u La mort de cette i survint quinze jours après cette fausse apparence d'un ) santé, a empêché qu'on ne fit usage de cette iagéoiaaM

les (1) au palais, enlevée aux soins de Quesnay qui connaissait son mal et son tempérament, livrée aux mains maladroites de Richard, la marquise se mourait.

Madame de Pompadour ne démentit en ces deN niers moments rien de son caractère. Sa mort fut fidèle à sa vie. La favorite, un soupçon de rouge sur les joues , fut convenable dans ce spectacle suprôme comme dans une pièce apprise : et Ton eût dit que Tagonie était sa dernière comédie et son rôle d'adieux. Elle appelait, avec Tagrément du Roi , le curé de la Madeleine , et Tétonnait moins par les élancements de piété d'une chrétienne que par la tranquillité d'âme d'un philosophe et la résolution nette d'une fin décente. Elle rouvrait le testament qu'elle avait fait en 1757 :

« Au NOM DU PÈRE ET DU FaS ET DU SaINT-EsPBIT.

« Je, Jeanne- Antoinette Poisson, marquise de Pompadour ^ épouse séparée de biens de Charles-Guilbams Le Normant, écuyer, ai fait et écrit mon présent testO'

composition de M. Cochin fils et la planche a été snpprimée. » CettacoBvalescence d'un moment, Boucher la célébra aussi par un dessin anxtnîi crayons qui passa à la vente du frère de madame de Pompadoor. Dm Amours fêtaient la convalescence d'une jolie femme qui s^élerait ea repoussant les nuages avec la légende écrite aa-dessons : Nou fMMiisons. Enfin Gay, dans deux intailles , dont Fane sur cristal de rodM ai fut pas achevée, faisait des vœux pour le rétablissement de la santé 11 madame de Pompadour,

(1) Lacretelle dit : k Le Roi la fit conduire à Versailles, qooiqae, pv Tétiquctte, il ne fut permis qu'aux princes de mourir dann le pelftii^ Roi. »

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