CHAPITRE DIX-SKPTIÈM.E
ment et ordonnance de ma demih^e volonté , que je veux être exécutée dans son entier.
« Je recommande mon âme à Dieu, le suppliant d'en avoir pitié, de me pardonner mes péchés, et de m' accorder la grâce d'en faire pénitence et de mowir dans des dispositions dignes de sa miséricorde, espérant appaiser sa justice par les mérites du sang précieux de Jésus-Christ mon sauveur et par la puissante intetxesùon de la sainte Vierge , et de tous les saints et saintes du Paradis,
« Je désire que mon corps soit porté aux Capucines de la place Vendôme, à Paris, sans cérémonie, et qu'il y soit inhumé dans la cave de la chapelle qui m'a été concédée dans leur église,
« Je laisse à M, Collin, en reconnoissance de son at* tachement à ma personne, une pension de{i). 6,000 1.
A M. Quesnay, quatre mille liores 4,000 1.
A M. Nesmes, trois mille livres 3,000
A M. Lefevre , piqueur , douze cents livres. . 1,200
A mes trois femmes, à mademoiselle Jeanneton, à mes trois valets de chambi^e, cuisinions, officiers, maître d'hôtel, sommelier^ concierge, à chaque le revenu à dix pour cent du fond de cinq cents livres; et, pour rendre mes intentions plus claires , je vais citer un exem-
(1) Collin, qui servit toute sa vie madame de Pompadour, avait été ioogtemps le procureur de sa famille. En 1748, la favorite le décidait k abandonner sa profession pour devenir l'intendant de sa maison. Collin vendait sa charge de procureur au Chàtelct, obtonnit quatre ou cinq soos d'intérêt dans les sous-fermes dont madame do Pompadour faisait les fonds, et devenait bientôt au service de la favorite fort riche et propriétaire d'une belle maison située rue Saint-Louis, à Versailles.
3Î3 MADAME DK POMPâDOUR.
pie : madame Lahbaty est à moi depuis douze am; si je mourois dans le moment, on lui payef'où 600 livres de rente viagère, faisant douze fois cinquante à dix pour cent de 300 hm^es de fond, attendu que chaque amk de service , il lui se7*a augmenté 50 livres de plus. Je laisse à mes laquais, cockers , suisses, porteurs, por* tiers, jardiniers, femmes de garde-robe et de bassecour, le fonds de 300 livres, dont on leur payera le revenu , en suivant la même méthode , que je viens d'expliquer dans ra7*ticle précédent,
« Je laisse au reste de mes domestiques qui ne sont point compris dans les deux articles ci-dessous nommés f cent ciiiquante livides en fonds , dont il leur sera fait k pension de la même manière expliquée ci-dessus. Plus, j'ordonne que toutes les pensions et fondations faites de mon vivant, auront pleine exécution ; plus je donnée mes femmes de chambre tout ce qui concerne ma garderobe en habits, linges, hardes y compris les dentelles.
« Plus je donne à ma troisième femme de chamin une gratification de trois mille livres, non compris si rente viagère; plus à la femme de garde-robe servant journellement aup7'ès de ma personne , douze cents tiwes de gratification , non compris sa rente viagère.
« Plus, à mes t7'ois valets de chambî^e, trois milk livres de gratification,
« Je supplie le Roi d'accepter le don que je lui fais de mon hôlcl de Paris , étant susceptible de faire le palais d'un de ses petit s- fils,
« Je désire que ce soit pour monseigneur le comte de Provence