CHAPITRE DEUXIÈME
iement de la faveur royale, rinstallation h es de cette grisette , de cette rtjbîne, — c'est l'un républicain de la monarchie, le mârc|ui$ son, — rencontrèrent aux premiers jours e hostilité de dédain , de tels obstacles dans liions de la cour, dans les habitudes même ition , que Ton crut un moment que la maie pourrait se soutenir (1).
ce que raristocratic avait de jalousies suet de mépris haineux pour les enrichisse- ;t les agrandissements de la bourgeoisie, se contre la petite bourgeoise assez insolente iurper un cœur dont les faiblesses appartelux femmes nées et du monde de Versailles, idale n'était pas seulement un scandale, il i passe-droit; et de là l'explosion et la vivamécontentement dans toute cette cour lésée, et comme insultée par la fortune insolente lame d'Elioles. 11 s'organise aussitôt une ation d'espionnage et de clabaudage. Les mettent tous leurs yeux, le plus perçant et
étail amusant sur Topposition, la résUtaooe «ju» rencontra e Pompadour jusquo chez les infîoiiueot petits. La coiffeur était alors un nominé Da;.'-é, mis à la mode par la duchex.s(> iroux, et par lequel toutes les feniracs de la cuur voulaient nmodées, et de plus appartenant au parti du la Dauphine. e Pompadour dut n<''j;ocier avec l'artiste qui faisait le diftizoiffer une madame Lenormant d'Étiolés et atfectait de dire )0uvait suftlre ii ses illustres pratiques. £utin la favorite mais, comme elle lui demandait, un jour de brillante et do ! toilette, comment il avait pu se donner une si grande vogue IX Gascon lui répondit : « Je coiffais l'autre », un mot qui ûi : de tous les ennemis de la nouvelle maltresse déclarée.
3t MADAME DE POMPADOUR.
le plus malicieux de leur esprit d'observation , à pénétrer à fond la femme. Elles épient, étudient, analysent son ton, ses manières, son langage, jusqu'à ce qu'elles aient trouvé le pied d'argile de la déesse : le manque de cette distinction qui ne s'apprend ni ne s'acquiert, mais se transmet comme une tradition naturelle dans le sang d'une caste , le manque de race. Les plus méchantes langues, les plus redoutables moqueurs, les plus jolis impertinents s'arment contre elle, soulignent ses petits oublis, ses moindres erreurs d'étiquette, et surtout les mots qu'elle n'a pas eu le temps de perdre en route de Paris à Versailles. Et fl'ont-ils pas beau jeu contre cette femme qui apporte à la cour les sobriquets de la familiarité, qui appelle le duc de Ghaulnes mon cochon (1), et madame d'Amblimont mon toi'chon, langue basse, sorte de tutoiement populaire qui vaudra aux filles de Louis XY les petits noms étranges dont les baptisera leur père? C'est une li-
(1) Ea effet, dans ce Versailles où le parler familier n*avait pas plus le droit de cité que dans les tragédies, madame de Porapadour apporta le parler bourgeois, canaille, grivois^ selon Texpression du temps. C'est un étonnement général, en même • temps qu'une blessure à Tamourpropre du Roi, d'entendre la favorite dire à propos d'un cousin dont elle avait voulu faire la fortune et qu'elle avait trouvé nul et sans ambition : « Voilà un plaisant outil que ce cousin; qu'on m'âte cet engin de devant moi... » Voutil et Yengin faisaient le bonheur de la cour pendant des mois.
Tout le monde connaît les deux vers de Voltaire qui, assistant un jour au dîner de madame de Pompadour en train de manger une caille qualifiée par elle de grassouillette ^ jetait à demi-voix à la favorite :
Grassouillette, entre nous, me semble un peu caillette, ■Je vous le dis tout bas, belle Pompadourette.