‹ Madame de PompadourChapitre 18 sur 205 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

Devant Tidole tout plie,

Le courtisan s'humilie,

Il subit cette Infamie

Et n'est que plus indigent, gent, gent, gent.

La contenance éventée,

La peau jaune et maltraitée

Et chaque dent tachetée,

Les yeux froids et le cou long, long, long»

Sans esprit, sans caractère,

L*âme vile et mercenaire,

Le propos d'une commère.

Tout est bas chez la Poisson, son, son.

Si dans les beautés choisies

Elle étoit des plus jolies,

On passeroit les folies.

Quand l'objet est un bijou, jou, jou.

Mais pour si sotte créature.

Et pour si plate figure

Exciter tant de murmure.

Chacun juge le roi fou, fou, fou (1).

[aurepas, dont la grande réputation d'impuissance t notoire, fidèle à son rôle d'ennemi des mai* ses et plus tard des femmes du Roi, continuait ire la guerre à la nouvelle favorite. Un type de istre du temps, que ce petit-maître de la poli* le, cet adorateur du clinquant et de la frivolité, joli contempteur des institutions et de Thuma'' de son époque, cet homme d'État traitant tou»

C6tt« chanson qui se chantait sur Tair des tremhleun d'Jnt éUtt Nié« par madame de Pompadoar à Maurepasi

tes les grosses questions avec des épigrammes, des ariettes, des concetti, de petites finesses, des sarcasmes^ des vers satiriques. Maurepas était, comme sous madame de Ghâteauroux, le fabricateur ou l'inspirateur de toutes les poésies cruelles qui remplissaient Paris et Versailles. Appuyé sur ce grand pouvoir, le tribunal d'esprit qu'il tenait avec Pont de Veyle et Caylus, plus redoutable encore chez lui par ces soupers, où se pressait toute la grande société, et où son génie de caricature, sa verve d'ironie fouettée d'une pointe de vin, donnaient, dans la liberté d'un repas qui finit, une comédie si admirablement jouée, parlée, mimée, gesticulée des airs, des façons et des tournures de madame d'Étiolés, Maurepas, ce garde des sceaux du ridicule et du régiment de la Calotte, était de tous les ennemis de la favorite celui qui savait lui faire les plus douloureuses blessures, et frapper le plus sûrement, le plus impitoyablement la femme au plus intime de sa vanité et de ses faiblesses, — et jusque dans les secrets de son corps, de sa santé, de son tempérament.

Madame de Pompadour ne se trompait pas sur les dangers de cette guerre de malices qui pouvait porter à sa faveur de si grands coups en gagnant le sourire et l'esprit ironique du Roi.

Pour triompher des mépris de la noblesse de Versailles, pour résister aux chansons de Maurepas, pour se garder des dispositions hostiles dtt

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