CHAPITRE DEUXIÈME
fortifier. Elle s*attribuait Thonneur des attentions qne le Roi témoignait à sa femme, au ^rand étonnement des courtisans notant qu*un jour, par i*xtraordinaire, le Roi s'était assis quelques instants à la table de cavagnol de la Reine, jiotant un autro jour rinvitation faite par le Roi à la Reine d'iui dînera Ghoisy. Mais un événement, dont tout Thon- Deur revint à madame de Pompadour, ce fui le cadeau fait par Louis XV à sa femme le premier jour de l'an 1746. Depuis des années Louis XV ne donnait plus d'étrennes à Marie Leczinska; cette \ année il lui remettait une tabati6re d'or sur Vxm des I côtés de laquelle était encastrée une montre. II u^t l vrai que cette tabatière commandée pour madame Poisson, la Reine la dut à la mort inattendue de la mère de madame de Pompadour (1).
Au milieu de tout ce travail d'enpuirlancienn'ul à bon marché, tout à coup madame de Pompadour feignait d'avoir aperçu un refroidissement <laiis les manières de la Reine à son é^ard ; elle s'en plaignait à la duchesse de Luynes qui se hAlait de lui mander de la part de Marie Leczinska « qu'elle n'avait rien contre elle, qu'elle était niOme très-sensible à l'attention qu'elle avait de lui plaire en toute occasion ».
Ce billet était pour la favorite l'occasion d'écrire une lettre qui, si elle ne donnait pas entièrement la Reine à madame de Pompadour, devait au moins en
(1) Mémoire» du duc de Luynes^ t. VII.
faire une modératrice des haines et des rancunes qui se groupaient derrière ses jupes :
« Vous me rendez la vie, madame la Duchesse; je SUIS depuis b^ois jours dans une douleur sans égale, et vous le ci^oirez sans peine, connoissant, comme vous le faites, mon attachement pour la Berne. On m'a fait des noirceu7'S exécrables auprès de M, et de M^ la Dauphine; ils ont eu assez de bonté pour moi, pour me permettre de leur prouver la fausseté des honneurs dont on m*accusoit. On m'a dit quelques jours avant ce temps qu'on avoit indisposé la Reine contre moi; jugez de mon désespoir, moi qui donnerois ma vie pour elle et dont les bontés me sont tous les jows plus précieuses. Il est ce7*tain que plus elle a de bontés pour moi, plus les monstres de ce pays-ci seront occupés à me faire mille horreurs, si elle na la bonté d'être en garde contre eux et vouloir bien me faille dire de quoi je suis accusée; il ne me sera pas difficile de me justifier, La tranquillité de mon âme à ce sujet m'en répond, J'esph^, mor dame, que l'amitié que vous avez pour moi et plus encore la connoissance de mon caractèi^e, vous seront garants de ce que je vous mande. Sans doute je vous auna ennuyé par un long récit, mais j'ai le cœur si pénétré que je n'ai pu vous le cacher. Vous connoissez mes sentiments pour vous, Madame, ils ne finiront qu'avec ma vie (1). »
La Reine conquise ou au moins désarmée, ma-
(1) Mémoires du duc de Luynes, t. YII. — Cette lettre de madame de Pompadour est de février 1746. La Reine fut touchée de la lettre qui