‹ Madame de PompadourChapitre 22 sur 205 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

Au crédit des Paris, si puissant, dans une cour oécessitense ei dépensière à- la fois, madame de Pompadour joignait le grand nom des Noailles qui appartenaient à toutes les favorites.

Madame de Pompadour s'aidait des conseils pratiques, de Tesprit d% ruse du cardinal de Tencio ipi*on comparait au capucin Joseph, le bras droit île Richeliep.

Madame de Pompadour avait dans le ministère U. de Saint-Séverin et le marquis de Pùisieux.

M. de Saint-Séverin; d*une bonne famille du royaume de Naples, était ministre du duc de Parme, ]uand Chauvelin, qui aimait à attirer en France les orangers de marque, persuadait au cardinal que ^*était une acquisition précieuse que celle de cet italien spirituel et expérimenté dans les affaires.

kTorite, déclaraient qu'ils ne feraient plus aucune affaire tant qu'on aisseratt le contrôleur général en place. Mais il fallait un prétexta kour le renvoyer; on lui reprocha d'avoir fait son beau-frère premUtr oiListre du Roi Stanislas à Lunéville, d'avoir donné l'intendance de 'arts à son neveu, Berthier de Sauvigny, jeune homme sans expéience, etc. Le Roi, obsédé des plaintes et des récriininutionii da nadame de Pompadour, céda; mais, encore maintenu dans les principeu la cardinal de Fleury, il ne permit pas que la maîtresse choisit uu accesseur à sa dévotion. 11 consulta Orry qui eut le courage de lu lire qa*on avait résolu sa perte pour spolier le Trésor royal, et qui, «péchant le choix du Roi de se porter sur des maîtres des requêtes, tes intendants, des conseillers d'État, dont il soupçonnait la probité, léaigiwait à Louis XV pour le remplacer Machault, intendant de Va* mcienoes. qui avait rendu de grands services au maréchal de Saxe «odaiit la guerre. Orry, qui avait été ministre des Anances pendant el» ans, offrait même au Roi ses services pour faciliter les premiers ravaiix de Machault, mais madaine de Pompadour précipitait t>ou reuoi, et toat ce qu'il y avait d'honnête k la cour allait r^udra visite m tary, qui s'était retiré à Bercy. {Mémoire$ du maréchal duc ds Hichelien

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On lui donnait 10,000 livres de pension et une part dans la ferme générale de Yillemur, dont il épousait la sœur. Puis on le plaçait dans les ambassades. 11 était envoyé en Suède, concluait en quinze jours le traité des subsides, recueillant le fruit des longues et habiles négociations *de son prédécesseur Gasteja. Le maréchal de Noailles, maître des affaires après la disgrâce d'Amelot, lui faisait remplacer Dessaleurs en Saxe. De retour de Saxe, il était nommé ministre plénipotentiaire à la diète d'élection de Francfort, où, moins heureux qu'en Suède, il ne continuait pas moins, grâce aux louanges publiques des Noailles, des Paris, de madame de Pompadour, à être regardé comme le seul négociateur de son temps, un négociateur alliant la fougue à la souplesse (1).

Le marquis de Puisieux, que madame de Pompadour avait mis au lieu et place du marquis d'Argenson dont la difficulté de prononciation lui était insupportable (2), Puisieux avec ses façons de douceur, ses vertus de politesse, Tintelligence de son secrétaire Tique t, lui appartenait entièrement et n'était pour ainsi dire que l'homme de confiance, le prète-nom des Paris (3). Par le marquis de Pui-

(1) Mémoires de d'Argenson, édition Janet, t. III.

(2) Étude sur le gouoemement de madame de Pompadour, par M. Carné.

(3) Telle est la constitution du parti Pompadour en 1748. A cette épo« que, l'asservissement du Roi k la maîtresse, aux Paris, k M. de Puisieux, est indiqué dans une caricature curieuse : l'estampe satirique représente le Roi,Iié, garrotté, déculotté ; la Reine de Hongiie le fouettant; l'Angleterre disant: Frappez fort; la Hollande: // rendra toutt Cela s'appelle l'estampe des quatre nations. Cette estampe est k ra[^

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le regardait non-seulement comme le plus grand général qu'il y eût, mais en même temps comme le plus honnête homme et le plus attaché à sa pe^ sonne et à son service. Elle lui disait encore qu'elle savait combien il était bon ami, et qu'on ne pouvait l'aimer médiocrement quand on le connaissait (1).

Après avoir assuré ses défenses, madame de Pompadour cherchait à désarmer Richelieu.

Dès ce souper qui avait fait de madame d'Étiolés la maîtresse de Louis XV, la nouvelle favorite sentait l'hostilité du courtisan dans une froideur qui laissait sa beauté sans louanges et les traits de sa conversation sans applaudissements (2). Depuis, de tous les railleurs qui avaient ridiculisé les façons de dire et d'être bourgeoises de la femme approchée du trône, Richelieu s'était montré le plus impitoyable. L'homme qui avait gouverné le Roi et la France par son ascendant sur la duchesse de Ghâteauroux et dont toute la vie se passera à tenter de recréer une maîtresse déclarée faite de ses mains, travaillait, dans les premières années de la faveur encore mal assurée de madame de Pompadour, à décider madame de Flavacourt à prendre la succession de sa sœur, la duchesse de Ghâteauroux. Bientôt les antipathies du familier des cabinets, enhardi par le besoin que le Roi semblait avoir de sa présence et

(1) Mémoires du duc de Luynes, t. IX. .

(2) Mémoires du maréchal duc de Richelieu^ t. VIII.

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