‹ Madame de PompadourChapitre 34 sur 205 · CHAPITRE QUATRIÈME. f · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME. f

objecte : « Il faut que sa Majesté l'ordonne... -— Faites ce que veut Madame, » dit Louis XV (1). Agacé de cette toute-puissance, d'une pareille prise de possession de la volonté du Roi, de ce pouvoir qui va s'affermissant et que rien n'ébranle , pas même des chansons (2) , Maurepas perdait toute réserve. Son étourderie et son indiscrétion ne se contenaient plus ; son esprit, auquel il lâchait bride, s'emportait jusqu'à l'insulte, et sa muse allait à ces brutalités qui frappent une femme dans sa faiblesse et l'outragent dans son sexe. A la suite d'un souper dans les cabinets, entre le Roi, la comtesse d'Estrades, madame de Pompadour et Maurepas, le ministre lançait le cruel et fameux à-propos sur le bouquet de jacinthes blanches que madame de Pompadour avait rompu pendant le souper et qu'elle avait semé sous ses mules (3).

(1) Mémoirei du marquis d'Argetuon, édition Janet, t. II.

(f) Derrière les chansons, dit le cardinal de Bernis, il y avait une cabale sourde travaillant à faire revenir sans doute, k son insu, madame de Mailly qui jouait à Paris le rôle de Madeleine repentanto {IlémaireM inédit» du cardinal de Bernis,)

(9) Par TOB façons nobles et franches, Iris, vous enchantes nos cœurs ; Sur nos pas vous semez des fleurs, Mais ce ne sont que des fleurs blanches.

• Richelieu, disent les Mémoires de Maurepas, fit circuler ces vers. Ea vingt^uatre heures ils furent aussi connus et aussi multipliés que si on avait employé la presse, tant était détestée madame de Pompadour de ceux qui avaient une certaine délicatesse de cœur. »

Maurepas disgracié, les chansons continuaient comme si Maurepas éuU encore ministre. On colportait ces vers i

h MADAME DE POMPADOtJR.

dame d*Estrades, madame du Roure. Madame de Pompadour y admettait encore les acteurs, qui avaient leurs entrées dans la salle soit qu'ils jouassent ou ne jouassent pas, et les actrices qui prenaient place, lorsqu'elles ne jouaient pas, dans h loge située le long des coulisses, et où madajoie de Pompadour s'était réservé deux places,. dont l'une était toujours offerte par elle à son amie, la maréchale de Mirepoix. La favorite donnait encore l'honneur et la satisfaction des entrées aux auteurs dont les ouvrages étaient représentés sur le théâtre des cabinets, et le droit au compositeur de battre la mesure de sa musique à l'orchestre. Elle laissait tomber assez souvent une invitation sur Goigny Ûls^ le marquis de Gontaut, Guerchy, l'abbé de Bernis; de loin en loin, sur les présidents Hénault et Ogier, le maréchal de Duras, Grimberghen : invitations disputées, jalousées, et dont elle faisait postuler la distinction aux plus gros seigneurs de la cour, aux plus grands noms du royaume. Et que d'autres ambitions, et d'autres sollicitations encore, pour la distribution des rôles I Voilà qui mettait la troupe^ e( tous les aspirants à la troupe, à la discrétion de madame de Pompadour. Les rôles les moindres, les utilités, la plus petite part à la comédie, étaient disputés, enlevés à coups d'intrigue ou d'adresse, comme la plus glorieuse et la plus intéressante des grâces. C'est ainsi que madamedu Hausset, la femme de chambre de madame de Pompadour, écondoiU par d'Argenson auquel elle demandait une lieute^

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