‹ Madame de PompadourChapitre 41 sur 205 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

sa fortuné et la honte de ses pensions , il rit de tout avec rimpudeur de Tironie et la crudité des mots ; il rappelle aux laquais de sa fille son titre de pèr^. dans une langue qui ne peut être citée; il échappe au mépris des autres par Taffiche du mépris qu'il fait de lui-môme; il impose des ordres à la Pompadour, il lui arrache les grâces par Tintimidation de sa vue et la menace du tapage; et c'est lui qui, une nuit, partant au milieu d'un souper d'un éclat de rire qui arrête l'orgie, jette à ses convives, jette à Montmartel, d'un ton bourru comme un coup de poing : w Vous, monsieur de Montmartel, vous êtes fils d'un cabaretier... Vous, monsieur de Savaletle, fils d'un vinaigrier... Toi, Bouret, fils d'un laquais... Moi?... qui l'ignore (1)?... »

Et cependant une correspondance tout récemment publiée (2) nous fait toucher une véritable affection entre le père et la fille. Il semble que ce gros homme commun, ce progéniteur canaille ait eu, comme cela arrive assez souvent, une adoralion très-humble de l'être charmant et distingué qu*il avait créé , adoration dont sa fille , sa petite reine, sa Reinette comme il l'appelait, se montre touchée et reconnaissante.

La correspondance débute le 3 septembre 17 il par cette gaie lettre de convalescente :

(1) Vie privée de Louis XV. Londres, Peter Lyton, t. III. — Histoire de te marquise de Pompadour, 1759.

(t) Correspondanee de madame de Pompadour aoec son père , M, Poitum, etc., par P.-Malassis. Paris, Baur, 1878.

Mon très-cher père,

Ne soyez plus inquiet de ma santé ^ je vous pf e, elk est admirable à présent, J'ay eu deux accès tk fièm quarte; maïs il y a dix Jours que je nen ay entendu parler, et j'en suis quite absolument. J'ai pris beaucoup de quinquina : deux saignées et autant de médecin m'ont entièrement tirée d'affaire. Je vous diray même que pour me consoler un peu de toutes ces mawwtKi d7'ogues, je vais aujourcTkuy m' amuser à tOpéra

Elle ajoute ces lignes où « le grand français » du père Poisson étonne un peu :

Si j'ay quelque remède contre le chagrin que tw donne votre absence : c'est les louanges que j'entenA faire dans tout Paris sur votre compte. Je n'en suis pas étonnée, mais il est enco7*e bien heureux que le pubhc vous rende justice. Vous sçavez qu'il n'est pas sujet i caution, A p?*opos vraiment vous écrivez d'un style admirable à vos grands amis; l'on a raison de dire quû y a toujours de la dignité dans le grand français.

Adieu, mon cher papa , portés vous bien , et ménagés

me vie à laquelle est attachée votre fille.

P. d*Étioles.

Dans une seconde lettre, relative au procès en ^paration de biens intentée à son mari et qui se termina par une sentence du Châtelet du 15 juin 1745, condamnant celui-ci à restituer à sa femme la somme de 30,000 livres par lui reçue comme

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