CHAPITRE QUATRIÈME
modernes, que ce que fat lu et entendu dire de Rome y n*avoit préparé à radmiratîon ou vous en êtes, et je ^ois à présent que vous me rendes grâces souvent de \)ouB avoir engagé à ce voyage.
Dans là lettre qui suit, madame de Pompadour dit : La peinture que vous me faites des plaisirs (1) de Rome ne m'a pas séduite, mon cher frère, malgré cela je f)ense que vous ne devez pas vous y ennuyer ayant autant de belles choses à voir, et tant de bonnes à apprenire.
Madame de Pompadour adresse à son frère les mesures de deux tableaux à commander à Yernet l>oar Tantichambre du Roi à Bellevue. Elle le charge ie présenter ses compliments à mylord Lysmore. Elle le plaisante sur un portrait qu'il lui envoie et qu'elle dit lui ressembler un peu en Garguantua. Elle le remercie de morceaux de cristal fort extraorimaires qu'elle fait monter en bonbonnières. Elle ui fait part de ses inquiétudes à propos d'un érysi- >èle qui lui est arrivé pendant un séjour à Casteljandolfo. Elle le prie avec une gaieté voltairienne le rapporter bien des indulgences et des chapelets. Elle ui demande des masques blancs de Venise à sept sols, le sorte quepour un louis, elle en aura à i*evendre.
(1) Jeune et beau et bien argenté, le frère de madame de Pompadour ut de galants succès en Italie. A propos d*une beauté de Gènes, sa ceur lui écrit : ■ On dit qu'une certaine madame Victorina a été fort bien vee tfouSf que cependant vous aviez envie d'une autre, et que de celle-ci >oitf aviée dit : Prenons toujours ceci puisque Dieu nous Tenvoye. Je en félicite et vous touhaite prospérité et point de repentir, »
Enfln, dans une lettre du 12 janvier 1751, elle écrit à son frère :
« M. de T. (Tournehem) attend^ dit-on, votre retour pour se démelt7*e ; j'espère qu'il nen est rien, mats « cela étoit, je l'empêcherois de tout mon pouvoir, d'abard pour lui qui en moun^oit, après cela pour vous. Quciqu vous ayez acquis des connoissances, vous navez pas vingt-cinq ans; si vous en pouvés gagner vingt-huit (m trente sur sa survivance, ce sera encore mieux. »
M. de Yandiëres n*attendait pas si longtemps, M. de Tournehem mourait au mois de novembre 1751, et le frère de madame de Pompadour, presqu'à son retour dltalie, était fait directeurordonnateur général des Bâtiments, Jardins, Arts, Manufactures, une direction où le frère de la marquise devient, selon Texpression d'un contemporain, Vai'biter elegantiarum et crée une nouvelle science et un nouveau goût pour la distribution intérieure des appartements, leur architecture et leur décoration. Et cependant le zèle qu'il apporte à ce ministère de l'idéal et de l'industrie de la France, le plus généreux et le plus sympathique gouvernement des choses et du monde de l'art, ne désarment point les jugements préconçus de la cour, et les injustices de l'opinion sur l'homme dont un juge peu suspect d'indulgence, Quesnay, disait : « C'est un homme bien peu connu ; personne ne parle de son esprit et de ses connaissances, ni de ce qu'il fait pour l'avancement des arts; aucun, depuis Çolbert, n'a fait au- J-^nt dans sa place ; il est d'ailleurs fort honnête