CHAPITRE QUATRIÈME. lOt
le, mais on ne veut le voir que comme le frère favorite, et, parce qu'il est gros, on le croit et épais d'esprit (1). »
lame de Pompadour n'était pas satisfaite de la faite à son frère dans l'État par cet immense rnement de l'art, elle le voulait maître d'hôtel i, elle s'efforçait de le faire nommer cordon
projet qui tombait sous le bon mot d'un san , que le poisson n'était pas encore assez gros ' mettre au bleu,¥A\e obtenait enfin, en septem- 54, de faire ériger la terre de Marigny en mar- , et emportait en 1756 la nomination de son k la place de secrétaire de l'Ordre du Saint- , ce qui autorisait M. de Marigny à porter le a bleu (2).
tes ces prérogatives, ces grâces, ces faveurs, lit souvent des efforts, des luttes, des batailles, 3S lui faire accepter, pourenhardirla timidité du
pour secouer sa paresse, pour ressaisir un itement qu'il reprenait parfois. Et madame de adour restait impuissante, en dépit de toutes
moiret de madame du HausseL — Pour juger et Thomme et le dant, un précieux document nous fait défaut. C'est un manusiOO pages, contenant les Mémoires de Cochin, un moment entré iotbèque nationale, ainsi que le témoigne une analyse du ma- >arQe dans le Magasin encyclopédique de 1795, et qui ne s'y re> lus aujourd'hui.
boires du marquis dArgenson. — Mémoires du duc de LuyncSi me de Pompadour, par M. Campardon. — A propos de ce cor- 1 qui faisait dire au frère de madame de Pompadour : « Marie Roi me décrasse ! » Marmontel se demande si, par cette puint l'humilité, le surintendant ne cherchait pas à essayer son it et ta pensée f
ses belles paroles, pour décider son frère à prenc la survivance de Saint-Florentin, ou le ministère de la marine après la retraite de Machault. Le frère le. dérobait aux instances de sa sœur par ces sages paroles : « Je vous épargne bien des chagrins en Yoaii privant d'une petite satisfaction : le public serait injuste envers moi , quelque bien que je fisse diuma place; quant à celle de M. de Saint-Florentin, il. ] peut vivre encore vingt-cinq ans et cela ne m'avan- ' ceroit de rien. Les maîtresses sont assez haïes par \ elles-mêmes sans qu'elles s'attirent encore la haina j qu'on porte aux ministres (1). »
Mais la question sur laquelle le débat entre le \ frère et la sœur était le plus vif et tournait souvent
en querelle, c'était au sujet du mariage. Madame de Pompadour rêvait pour son frère une illustre alliance dont la gloire rejaillit sur elle. Un jour elle lui offrait une ûlle du maréchal de Lowendal, on autre jour une fille du duc de la Yallière, un autre jour une fille de la princesse de Ghimay. Elle cherchait à le séduire par la promesse de lui assurer la propriété de l'hôtel d'Évreux qu'elle venait d'acquérir dans le faubourg Saint-Honoré ; elle lui jurait de le faire nommer par leRoi duc à brevet, voire même duc héréditaire. A toutes ces choses et à bien d'autres encore, M. de Marigny répondait tranquillement « préférer à tout son indépendance » , disant : (( qu'il ne consentirait à faire le sacrifice de cette in-
(1) Mémoires de madame du Hausset.
^•iitl>:'«< fc^ r-w— »
monde des artistes dont il avait fait son monde, il ne voulait point consentir à jouer son bonheur, ses . amitiés, sa paresse et sa belle liberté contre la plus belle alliance, et il désespérait la marquise parTimpénitence finale de sa sagesse épicurienne.
Il arrivait cependant un jour où, après la mort de madame de Pompadour, M. deMarigny, ce célibataire endurci, se mariait. Il épousait la fille de madame Filleul, la sœur de la comtesse de Séran, la belle, la spirituelle, la gracieuse Julie, Tidole de sa société, et qui réunissait à la plus séduisante figure la douceur, ringénuité, la bonté, la gaieté, la plus aimable raison. Malheureusement il y avait chez le frère de madame de Pompadour un amour-propre ombrageux, une inquiétude perpétuelle de Testime qu'on faisait de sa personne, une susceptibilité toujours en quête et en alarme d'une ironie ou d'un mépris, une tendresse pleine de méfiances et de soupçons, un besoin de se tourmenter et de se rendre malheureux à propos de tout et de rien , enfin un fond vaporeux dans lequel faisait tout à coup irruption une noire humeur accompagnée de rudesses et de brusqueries. M. de Marigny s'imaginait de devenir jaloux de l'amitié de sa femme pour sa mère, sa sœur : « Sa femme ne l'aimait point, ne vivait pas pour lui; il s'en fallait bien qu'il fût ce qu'elle avait de plus cher au monde. » Et un jour, sans motif ni raison , chagriné de l'émotion que produisait au Ridotto de Spa la charmante et touchante réunion des deux jeunes sœurs, après avoir déclaré