CHAPITRE QUATRIEME
voyait trop bien que sa présence était impor- {u'après tout ce qu*il avait fait pour être aimé, était point; qu*il était haï, détesté; qu*il tarsa femme qu*il fût parti.... » il partait au lu jour, ne voulant ni entendre ni accueillir ime dans sa chambre, jetant à Marmontel: a, mon ami, plaignez le plus malheureux des es. Adieu. »
[nari et la femme se raccommodaient, mais mtel voyait des scènes, à peu près pareilles ènes de Spa, se renouveler à Ménai*s et dans jrage en Touraine, où il les accompagnait 3 ami, comme un médiateur appelé par les poux dans leurs incessantes querelles de mé- Bt cette union, entre gens amenés bientôt à îster, empoisonnait et abrégeait Texistence du e madame de Pompadour (1).
iiotr«t de Marmontel. Paris, 1804, t. II et III.
Les terres et les châteaux de madame de Pompadoar. — Cr6^. — La Celle, le petit château, — Les trois Hermitages de Versailles, de Foataincblcau, do Compiègne. — L*Hôtel de Versailles. — L*Hôtd d*£vreux, rue du faubourg Saint-Honoré. — Lettre de la marqiÛM relativement à l'achat d*un terrain. — Le goût d*art nouveau ^[^oiti k rhabitation par la marquise. — Le château de Bellevue. — Description intérieure. — Madame de Pompadour locataire. — EmVelUsiements dont elle est l'inspiratrice à Choisy. — J^es contrastes de nature qu'elle offre à tout moment au Roi. — Métamorphoses galantei de la favorite.
Au milieu de tous ces biens répandus sur sa famille, de cet argent éparpillé parmi ses collatéraux et ses alliés, de ces enrichissements qu^elle faisait autour d'elle, la favorite poussait sa fortune personnelle, rélevait à une opulence royale. Il y a au fond de la femme une nature d'amasseur de terres et de bâtisseur de châteaux, et madame de Pompadour arrivera à une possession de domaines et de bâtiments, telle qu'en France n'avait point encore osé en rôver une maîtresse de roi.
C'était d'abord la terre de Crécy, près de Dreux, quemadamede Pompadour achetait 650,000 livres (1).
(1) Pour arrondir cette terre de Crécy achetée en 1746 da fermier énéral Rousset, madame de Pompadour y joignait bientôt le domabM
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aorance enlevé i des irivauz commencés el i des bâtiments, M. dlsle, gendre de Desgot» la tète des jardins, aussitôt le parc bouleversé »lanté à nouveau, aussitôt le château entièrerepris en sous-œuvre avait ses ailes compléte- *efaites. Bt voici, d'après une description de la tse de Luynes (i), le château de madame de idour avec Tappartement du Roi et au retour lement de la favorite, avec sa riche boiserie audra refaire à peine terminée, avec ses trude glace, avec ses salons, avec son cabinet Mée de 49 pieds de long, isit voici le parc avec asse à pic sur un vallon au fond duquel court te rivière de Biaise, avec sa montagne au ver- I de gazon, avec son terrain bâti, ces canaux tenues de pierres de taille, ces architectures 3 avec effort et qui semblent peiner dans le ;e. Et voici dans le château de Mademoiselle moment Louis XV tient son conseil d'État, le tde Ghoisy, le monde de Gompiègne, le monde itainebleau, en son uniforme vert à boutond'or (2).
payé 140,000 liv., Magenville 23,000 liv., la baronnie de Tréon , Saint-Remy 24,000 liv. I^ea réparations, au bout de deux ans, ït à 700,000 liv., dans lesquels la charpente entrait pour y. M. Le Roi nous apprend, dans ses Dépenses de madame de wr, que le linge seul de Crécy coûtait 650,452 liv. noires du due de Luynes, t. XII.
mois de juin 1751, le Roi tit un voyage à Crécy, suivi d'une
sa cour. Le voyage dura six jours. On joua gros jeu et on
"ce argent au passe-dix, au quinquenove, au raorraonithe. Le
bartres perdit, pour sa part, 600 louis. Au mois de septembre
Grécy et ses immenses dépendances ne suffissent pas au goût de la bâtisse de madame de Pompadour. Elle achetait Montretout, le Trétou de ses lettres , qu'elle revendait presqu'aussitôi qu'elle IV vait acheté.
Madame de Pompadour acquérait encore de Bachelier (1), valet de chambre du Roi, moyennant la somme de 260,000 livres, la Celle, propriété situie à une lieue de Versailles, sur le chemin de Mariy.
La Celle, le petit château^ ainsi qu'on le nommait, apparaissait comme une propriété différente de Crécy , comme une habitation plus bourgeoise et faite pour une intimité plus petite. La Celle étiil une construction montée sur trois grandes terrasses, entre deux petits bois façonnés en arcades et en berceaux. A la gauche était amarrée une chaloupe, sur un canal entouré d'un de ces treillages contre lesquels les gouaches du dix-huitième siècle nons montrent ces petites colonnades de roses trémières, au ton rose, au ton jaune de soufre, reflétées dans Teau immobile. Une nuit du mois d'août 1748, le canal, la gondole étaient illuminés, et des lante^ nés de verre se balançant aux arcades des deux petits bois y renfonçaient Tombre. Madame de Pom-
1751, madame de Pompadour, à roccasion de la naissance cla doc 4i Bourgogne, mariait seize couples de Crécy et des environs et leur àfftnait 300 livres d'argent et 200 livres pour les habits. Plus tard, b favorite y fondait un hôpital pour la fondation duquel elle était obligée de vendre une partie de ses diamants.
(1) Mémoire» du duc de Luynes, t. VIII. — Madame de Pompadtmr, par M. Campardon.