‹ Madame de PompadourChapitre 53 sur 205 · CHAPITRE SIXIEME. ItS · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIEME. ItS

npadonr, i laquelle il enlevait son amie intime itesse d*Eslrades.

ame d*Estrades (1), que madame de Pompadour ait nommer dame d*atour de Mesdames et qui ^té la cause de sa rupture ouverte avec Maure* ette parente , cette amie inséparable qui avait gement dans les plus petites maisons de camde la favorite, ce conseil toujours consulté et i dans toutes les décisions de la maîtresse, cotto ne d'Estrades nourrissait contre la position ot ^one de madame de Pompadour une de ces les profondes et enragées particulières aux 3s amitiés de femmes dans une telle inégalité aation, et Versailles se racontait à roreillo itreprise assez brusque tentée sur le Roi, un [u'il se trouvait gris à Choisy, par la petite 3 aux grosses joues (2).

dame d'Estrades, d« son nom de âUe Hagiiet de Sémonville. ive da comte Jean d'Estrades, tué à la batnillA de Dettin^rn, omte d'Estrades était fils de Charlotte Lenormant, sœur de >amehem et de M. Lenormant, et la comtcsso d'Kstrades se la cousine germaine par alliance de la favorite, .te madame d'Estrades, dit madame du Ilausset, n'avait «u ice que par les bontés de Madame et, toute laide qu'elle était, it tâché de lui enlever le Roi. u Un jour qu'il R'ctait un peu Choisy, — la seule fois, je crois, que cela lui était arrivé , — il sms une grande et jolie barque où Madame uo put l'aconmpatant malade d'une indigestion. Madame d'Kstradrs guottait îasion. Elle entra dans la barque, et au retour, comme il faisait s suivit le Roi dans un cabinet secret et lit pliiH qun des aa Roi qu'on croyait dormant sur un lit de repos. Kilo racontii Madame qu'elle était entrée dans ce cabinet pour ses afrain*». loi Ty avait suivie et qu'il avait voulu la violer. Kilo pouvait t ce qu'elle voulait, car le Roi ne savait ni ce qu'il avait dit, il avait fait. >

D^Argenson , dont un des grands moyens de poa^ voir était un système d^espionnage parfaitement monté, eut vent des dispositions secrètes de madame d'£strades. Ce ministre, qui toute sa vie fera II guerre à madame de Pompadour derrière une femme, et dont madame de Pompadour avait cru reconnaître la main dans la main de sa maltresse, madame Sauvé, jetant des papiers injurieux dans le bercein du duc de Bourgogne dont elle était la première femme de chambre, d'Argenson, eut aussitôt lldée de se faire un paravent de madame d*Bstrades. H la ût tâter, et vit de suite le parti à tirer de ses ambitions et de ses rancunes , du fiel amassé dans m place , et des appétits de vengeance de son amo!l^ propre assez maltraité de paroles par la favorite. D parlait à toutes ces passions sourdes de l'amitié protégée et humiliée, et, les flattant avec sa finesse de tact et sa persuasive éloquence de salon , U pa^ venait à séduire entièrement « et à se donner cette comtesse d'Estrades (1) ». Cette ligue, d'abord soigneusement cachée à madame de Pompadour et lui échappant, donnait à d'Argenson un œil et une oreille dans les petits appartements. Elle le mettait au cœur des pensées, des projets, des intentioiUi des confidences de la favorite. Elle Téclairait sor tout ce que madame de Pompadour croyait avoir! craindre de la fatigue de Tamour du Roi. Elle l'enhardissait enfin à user contre madame de Pompa-

(1) Mémoires du marquU d'Argenson, édition Janet, t. IV.

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