‹ Madame de PompadourChapitre 55 sur 205 · CHAPITRE SIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIEME

:»e de Choîseul consultait pour la réponse un de • parents , le comte de Stainville , qui depuis fut duc de Choiseul. Le comte de Stainville prenait lettre du Roi , et demandait à madame de Choiseul i^piau lendemain pour répondre. Le comte de linville était alors un des ennemis les plus achar- 8 de madame de Pompadour. Il s'appelait luiime fe chevalie?^ de Maurepas , comme si la fraternité mêmes passions et de haines pareilles le faisait cadet du ministre exilé. Une répugnance d'crleil , disent ses amis , à voir une Choiseul devenir altresse du Roi, mais bien plutôt une déshocrante inspiration d'ambition touchant presqu'à filouterie , amenait dans le comte de Stainville un tour subit. Il demandait une audience à madame Pompadour et lui remettait la lettre, lui disant 16, s'il n'avait pas d'afTection pour la favorite, il se mvait plein d'estime pour la femme , qu'il la >yait utile au Roi ; que, du reste , elle ne lui devait în pour cette démarche faite en vue du repos et bien de l'Etat (1). Le reste de l'entrevue entre favorite de Louis XV et le futur premier ministre son règne se passa à combiner les moyens de truire la comtesse de Choiseul , qui à quelques irsde là (janvier 1753), était chassée, dit d'Argen- Q, « comme une petite p.... qui avait une mauise conduite et lorgnait le Roi ». Il lui était inter- , de souper dans les cabinets et, aussitôt sa

l) M. de Chciteul, par Sénac de Meilhan, à la suite des Mémoires de lame du Sauuet, — Vie privée de Louis XV %, UL

semaine faite chez Mesdames , elle avait l'ordre de retourner à Paris (1).

Madame de Pompadour n'ignorait pas qae toute cette intrigue avait été conduite par madame d'Estrades, aidée des conseils d'Argenson, mais elle nese sentait pas assez forte dans le moment pour taire renvoyer son amie. Elle se contentait de lui faire faire défenses de recevoir sa nièce et lui substituait dans son intimité la grande duchesse de Brancas.

Cependant d'Argenson, par d'habiles manœuvres, refaisait son crédit. Il rattachait à son parti les hommes avec lesquels la favorite s'était brouillée, racolant avec toutes sortes d'habiletés les frères Paris dont Tamour-propre était intéressé à Dure échouer les plans de finance de Machault, captant M. de Puisieux et de Saint-Séverin froissés par les exigences dominatrices de la favorite. Puis d'Argen* son se donnait entièrement au parti des rigoristes, des scrupuleux. Et le ministre, ainsi solidement établi chez la Reine dans les sociétés pieuses hostiles à madame de Pompadour, dédaignait de voir la favorite , bravait le bruit de son remplacement dans le ministère par de Lucé, s'enfermait ostensiblement des quatre heures chez M. d'Estrades qu'il poussait de toutes ses forces dans la faveur de Mee-

(1) Mémoires de d'Argenson, édition Janet, t. IV. — Madame de GWseul-Romanet mourait à six mois de là, et de même qa^antrelbil M avait accusé madame de Montespan de la mort de mademoiteUa dt Fontanges, on accusa madame de Pompadour d'avoir fait empoiaoïiMr

sa rivale.

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, au centre des ressentiments de la famille

ame de Pompadour croyait se débarrasser de outable alliée du comte d*Argenson en acla d'Estrades d'avoir reçu un pot-de-vîn de livres. Mais la d'Estrades se tirait de cette qui éclaboussait un parent d'Argenson, le de Maillebois, et ravivait les colères et les Qs du ministre (1).

moment arrivait, où la£&kverite prenait tant iétude du terrain gagné- chaque jour par la ides et d'Argenson dans la famille royale, \ tentait un rapprochement de ce côté ; elle yait de vives instances, elle allait même ï se jeter aux pieds du Roi pour faire obtenir ame Adélaïde l'appartement communiquant 1 escalier à l'appartement du Roi : vaines «, et qui tournaient contre elle. Le Roi, voisiivec ses enfants, prenait plaisir à causer avec demandait et écoutait leurs avis. Le cœur du 'ouvrait dans cette facilité et cette habitude ites intimes ; et cette avance de la maîtresse , ulait apaiser les inimitiés de la famille royale, ait que leur donner une voix plus haute, une * plus confiante (2).

«traction avait lieu dans le cabinet de madame de Pompaiprès la déposition de Fabbé Fumai, que le Roi interrogea !, il fut prouvé que la comtesse d'Estrades n'avait rien regu.

profit le plus clair que retirait madame de Pompadour du ement des filles du Roi avec leur père, c'est d'être appelée

Maman p

Bb mtam toa^ madame d'Estrades joignùt t U^xr de Mffwiaies l'appai et les conseils èclaiiH deU nuréckalc) de Duras, que, dans meot contre totit ce qni appartenait an parU reias. madame de PompadooT avait todId nimplaetr près de Mesdames par sa Doofelle amie la dncbessl de Brancas.

Toot semblait se réanir contre madame de PoDi' padour, et rarrangement des affaires intérieuret, le pacification du parlement, qui remettait à'itgeason en faveor auprès du Roi . et tes réfleiioai du Roi sur le Inse et les dépenses de la marqui» publiés, répandus et grossis par la d'Elslrad»; |^ mais la disparition d'une lettre chaDgeait la face des cboses. Madame de Pompadour, malade et m lit dans la journée, avait reçu une lettre du Roî.oii le Roi lui parlait des parlements. La lettre éuA j restée ouverte sur une petite table près de son lit La comtesse d'Estrades était venue faire sa cooit madame de Pompadour; la comtesse sortie , la lît" tro n'avait plus été retrouvée (i). Tel était du moins le récit, l'accusation de madame de Pompadour. qui, «'animant sur cette violation des secrets d'Etat et sur cette injure personnelle à la royauté, demandait au Roi le renvoi de la d'Estrades. Le Ro» He défendait et se rabattait sur le goût que Hesda" mes avaient de madame d'Estrades (9). MadanwJiP

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